POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Je ne suis pas réfugié, je suis…

Mahmoud, pharmacien, Alep, Syrie



mahmoud.jpeg

Mahmoud: «J’ai un ami luxembourgeois. Il me donne de l’espoir.» (Photo: Sven Becker)

Paperjam et Maison Moderne s’associent à l’initiative citoyenne «iamnotarefugee.lu» de Frédérique Buck et Sven Becker en présentant des portraits de réfugiés arrivés au Luxembourg et qui ont tant à nous raconter. Présentation aujourd’hui de Mahmoud, qui travaillait en Syrie pour Pharmaciens sans frontières.

Nous étions 66 personnes sur un petit bateau. Les mères et leurs enfants étaient très stressés, effrayés. C’était horrible. Les femmes pleuraient, les enfants pleuraient. La traversée de la Turquie vers la Grèce a pris trois heures. Nous sommes partis en pleine nuit et sommes arrivés très tôt le matin. Il faisait très froid.

Les hommes qui organisent ces traversées sont dangereux, c'est la mafia.

Mahmoud, pharmacien de Syrie

Chaque personne devait payer 1.000 dollars, peut-être un peu moins pour un enfant. Les hommes qui organisent ces traversées sont dangereux, c’est la mafia. Je ne pensais pas qu’ils seraient si brutaux. Je pensais qu’ils nous offriraient leur aide sur le bateau. Ils ont juste pris l’argent et nous ont tous mis sur ce bateau. Nous y étions beaucoup trop nombreux. Nous avions des vestes de sauvetage mais leur qualité n’était pas bonne. J’ai essayé d’aider sur le bateau. J’ai parlé aux enfants, aux mères. J’ai essayé de les calmer. Il fallait qu’ils restent calmes, le bateau risquait de chavirer.

J’ai un ami luxembourgeois. Il me donne de l’espoir. Je me sens moins seul depuis que nous nous connaissons. On s’appelle tous les jours. C’est un homme bon. Nous nous sommes rencontrés via l’association Pharmaciens sans frontières. Je travaillais pour cette organisation en Syrie.

La situation est très grave à Alep depuis que les bombardements ont repris.

Mahmoud, pharmacien de Syrie

Mon épouse et ma fille sont à Alep. J’espère qu’elles vont pouvoir me rejoindre bientôt. Ma femme a été blessée lors des bombardements en décembre. Je suis très inquiet pour elles, la situation est très grave à Alep depuis que les bombardements ont repris. Ma fille a 10 ans. Elle s’appelle Sima. Elle a peur. Elle veut venir au Luxembourg rapidement. Elle aimerait aller à l’école à nouveau. J’aimerais tant qu’elle puisse vivre une vie normale, une vie d’enfant. J’ai besoin de trouver du travail et un logement pour loger ma famille.

Je souhaite le retour de la paix. Partout au monde. Nous sommes tous des êtres humains.

Retrouvez l’intégralité du témoignage de Mahmoud en anglais sur iamnotarefugee.lu.

Contactez Mahmoud via dr.mhodfayyad@hotmail.com.