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Certification

Luxcontrol poursuit son développement à l’étranger



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Jacques Eischen, administrateur délégué au sein de Luxcontrol. (Photo: Nader Ghavami)

Présent au Luxembourg, notamment dans le domaine des contrôles réglementaires, Luxcontrol a signé, en fin d’année, un nouveau contrat de collaboration en Chine.

En fin d’année dernière, l’organisme de contrôle Luxcontrol a annoncé avoir signé un contrat de collaboration avec le laboratoire d’État Shanghai Motor Vehicle Inspection Center (SMVIC). «Ce qui nous permet de promouvoir le certificat d’homologation luxembourgeois E13 émis par la Société nationale de certification et d’homolo­gation (SNCH)», explique Jacques Eischen, administrateur délégué au sein de Luxcontrol. L’entreprise luxembourgeoise poursuit ainsi son développement à l’étranger, elle qui est déjà présente en Chine depuis la signature, en 2015, d’un contrat de joint-venture avec Catarc, «le plus grand laboratoire technique et centre de recherche automobile du pays».

Toute composante doit être analysée dans un laboratoire, pour vérifier les normes.

Jacques Eischen, administrateur délégué au sein de Luxcontrol

Si Lux­control est connu au Grand-Duché pour le contrôle des ascenseurs ou les vérifications techniques avant l’ouverture d’événements tels que la Schueber­fouer, l’entreprise est présente sur des activités et des domaines très variés. «Et à l’étranger, en l’occurrence, nous intervenons pour de l’homologation. Par exemple, lorsqu’une entreprise exporte un véhicule ou une composante de véhicule en Europe, il faut qu’elle réponde aux critères de sécurité fixés en Europe. Toute composante doit être analysée dans un laboratoire, pour vérifier les normes. Et il faut avoir un tiers indépendant qui contrôle, qui ne fait pas forcément les tests lui-même, et c’est ce que nous faisons.»

Le véhicule possède ensuite une sorte de passeport qui lui permet d’être vendu sur le territoire européen. «L’autorité de certification est la SNCH, et nous effectuons les contrôles, rédigeons un rapport technique, et rendons un avis favorable si c’est le cas», pour­suit Jacques Eischen.

Des contrôles pour la Chine depuis l’Europe

L’activité en Chine ne cesse d’augmenter, et notamment au sein du contrat de joint-venture, où la croissance est de 15% tous les ans. Les Chinois possèdent la certification CCC, et tout produit qui entre sur le territoire chinois doit passer des tests sur place. «Mais la pratique pourrait changer, et les contrôles pourraient être réalisés en Europe. Cela éviterait des déplacements jusqu’en Chine», précise Jacques Eischen.

«Catarc souhaite s’établir sur le Vieux Continent, et une des idées de notre collaboration serait, lorsqu’il sera possible de faire les tests en Europe, d’y construire une infrastructure à travers la joint-venture. Ce serait révolutionnaire!», affirme l’administrateur délégué de Lux­control. Le lieu d’implantation de cette future entreprise n’a pas encore été décidé, mais le projet devrait se concrétiser à horizon 2019-2020.

Il y a, dans ce contexte, une opportunité sur ce marché: le Brexit.

Jacques Eischen, administrateur délégué au sein de Luxcontrol

Aujourd’hui, Luxcontrol est présent aux États-Unis, en Europe (notamment en Allema­gne et en Italie), en Chine et au Japon, dans le secteur de l’industrie automobile internationale. Un marché en développement depuis les années 1980. «Nous avons également signé un accord de principe avec la société privée turque Mobilite Sistem Yönetim ve Denetim. Avec une part de marché d’approximativement 45%, elle sert l’industrie automobile turque en pleine expansion», complète Jacques Eischen.

«La Turquie est située sur un axe stratégique, entre l’Asie et l’Europe. Il y a, dans ce contexte, une opportunité sur ce marché: le Brexit. La VCA (Vehicle Certification Agency), pendant anglais de notre SNCH, est très active à l’international. Mais avec le Brexit, elle ne pourra plus certifier les véhicules pour l’Europe, donc toutes les entreprises qui travaillent avec elle doivent rechercher de nouveaux partenaires. La Turquie est donc une opportunité pour nous. Nous faisons tout d’abord un contrat de coopération, et nous ferons le point d’ici un an sur le potentiel et la suite que nous donnerons à ce marché», confie l’administrateur délégué de Luxcontrol.

75% du C.A. en local

Si l’international est en plein développement au sein de Lux­control, qui emploie aujourd’hui 200 personnes, 75% du chiffre d’affaires (26 millions d’euros pour l’exercice 2017, en hausse de 9%, ndlr) sont réalisés en local, au Luxembourg, précise Jacques Eischen. «Nous sommes un organisme de services de contrôle, d’inspection et de certification, dans les domaines de la santé, la sécurité au travail, l’environnement et l’hygiène. Environ 45% de notre activité sont réalisés dans les contrôles réglementaires. Nous possédons un agrément délivré par l’État.»

Concrètement, le législateur fixe des règles de sécurité à respecter, avec différentes administrations comme l’ITM. Cela concerne notamment les bâtiments classés. L’État impose le contrôle réglementaire, l’inspection par un organisme indépendant agréé. «Il s’agit notam­­­­ment de contrôler les éléments de sécurité comme les systèmes d’extinction, les détecteurs de fumée, de monoxyde de carbone, ou les sorties de secours, la signalisation des chemins d’évacuation, etc. Nous contrôlons aussi les circuits électriques», complète Jacques Eischen.

Notre laboratoire em­ploie 15 personnes.

Jacques Eischen, administrateur délégué au sein de Luxcontrol

En dehors du contrôle réglementaire, Luxcontrol intervient également dans le domaine de l’environnement, pour l’investigation et la dépollution de sols, par exemple sur le site de Belval. «Nous réalisons ensuite une analyse chimique des échantillons, dans notre laboratoire qui em­ploie 15 personnes.» La société luxembourgeoise, dont le capital est détenu par le groupe TÜV Rheinland à hauteur de 56%, réalise également le contrôle technique des bâtiments, en termes de qualité. «Nous contrôlons l’humidité, les problèmes d’étanché­ité, en majorité dans le cadre de l’assurance décennale», ajoute Jacques Eischen.