POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Suite à la dénonciation de la FLF

Lux vs Becca vs Lopez



En coulisse, le match entre le Fola d’Esch et le rival F91 de Dudelange se joue à trois. (Photo: Eric Brausch - CS Fola Esch (archives))

En coulisse, le match entre le Fola d’Esch et le rival F91 de Dudelange se joue à trois. (Photo: Eric Brausch - CS Fola Esch (archives))

Le Parquet économique doit se pencher sur des soupçons d’opérations financières douteuses entre l’écurie de formule 1 Lotus, le Fola et la société Lynx Investments. Les hommes d’affaires Éric Lux et Gerard Lopez sont visés.

Ce devait être jour de grande présentation à Differdange. Un nouveau centre commercial Auchan devait être dévoilé par le représentant de l’enseigne aux côtés du fonds immobilier Olos et de son administrateur délégué, Éric Lux.

Mais une autre actualité a vraisemblablement contraint ses organisateurs à repousser – au dernier moment – la rencontre avec la presse qui avait pourtant toute son importance pour l’économie du pays, loin des démêlés financiers qui prennent désormais un tournant judiciaire.

Ce matin, la radio 100,7 faisait en effet état de soupçons de transactions non conformes - voire de blanchiment d’argent - menées entre l’écurie Lotus F1, propriété d’Éric Lux et de Gerard Lopez via Genii Capital, et le club de football Fola d’Esch-sur-Alzette, présidé par Gerad Lopez.

Selon les informations de Paperjam.lu, le Parquet économique s’est vu transmettre le dossier ad hoc de la part de la Cellule de renseignement financier. Celle-ci avait elle-même reçu il y a deux semaines une dénonciation de la part de la commission de contrôle de la licence UEFA émanant de la Fédération luxembourgeoise de football (FLF), comme le révélaient ce matin nos confrères de 100,7.

Divorce irrémédiable?

L’objet de cette dénonciation est une transaction suspecte d’un montant de 2 millions d’euros qui aurait transité au départ de l’écurie de formule 1 vers le club de foot jusqu’à la société Lynx Investments Limited à Honk Kong, également détenue par Éric Lux.

Nos confrères évoquent des soupçons de blanchiment d’argent ou d’abus de bien sociaux. Il reviendra à la justice de faire la lumière sur ce dossier.

Une source proche indique que PwC (auditeur de Genii Capital qui contrôle Lotus F1 ainsi que du FC Fola) n’aurait pas dénoncé la transaction.

Le point de départ est donc à trouver dans la décision de la commission de la FLF de porter l’affaire devant la Cellule de renseignement financier. Le vice-président du Fola, Pim Knaff, dans un communiqué de presse, dément formellement les soupçons de blanchiment.

«Il est formellement contesté que le CS Fola ait versé le montant de 2.000.000 euros à Messieurs Lopez et Lux», indique le communiqué qui, dans le même temps, précise que «si des virements ont été faits à Monsieur Gerard Lopez, il s’agit de remboursement de crédits qu’il avait consentis au CS Fola».

«Les révélations de 100,7 ne sont que le fruit de l’amertume du mécène de notre plus grand rival sportif manifestement aigri par la défaite», conclut un communiqué qui évoque surtout davantage le problème de confidentialité au sein de la FLF que le fond du dossier.

Derrière ce «rival», il faut voir le F91 Dudelange, dont le «mécène» n’est autre que Flavio Becca.

Fin de semaine sportive

Voilà une fin de semaine pour le moins sportive entre ces hommes, entrepreneurs et investisseurs. On apprenait hier qu’Éric Lux avait sorti un dossier contre son associé dans le fonds Olos… Flavio Becca. Le torchon brûle depuis quelques mois. Dans ce cas, la discorde tourne autour d’un appartement qui aurait été vendu au rabais par Becca via Olos à un joueur… du F91.

Avec une actualité aussi mouvementée, on comprend dès lors pourquoi M. Lux a voulu faire l’économie des questions des journalistes qui auraient plus que probablement porté sur ces «affaires» plutôt que les ambitions du centre Auchan flambant au Sud.

Business et football ont toujours eu des accointances proches, entre sponsoring et implications personnelles des présidents. Des figures fortes dont le milieu a aussi besoin. Reste à tirer au clair des dossiers qui tiennent surtout en raison d’une rivalité désormais exacerbée. Des feuilletons qui, pour le spectateur lambda n’ambitionnant rien d’autre que d’assister à un «bon match» le dimanche, peuvent paraître – à ce stade -  pour le moins troubles.