POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Cadre financier pluriannuel

L’UE entame son marathon budgétaire



Le commissaire au budget, Günther Oettinger, envisage des pistes pour compenser le retrait britannique. (Photo: Licence C.C.)

Le commissaire au budget, Günther Oettinger, envisage des pistes pour compenser le retrait britannique. (Photo: Licence C.C.)

À quelle hauteur du PIB de l’Union européenne sera fixé le budget européen pour les années 2021-2027? Le commissaire au budget, Günther Oettinger, livrera les pistes officielles de la Commission ce 2 mai.

La Commission européenne va se remettre à parler gros sous. Ce mercredi 2 mai, le commissaire européen au budget, Günther Oettinger, présentera en effet la proposition de Bruxelles pour le cadre financier pluriannuel 2021-2027.

Une procédure qui peut sembler bien en avance, mais la Commission met en général près de deux ans à boucler cette discussion qui divise les États membres. Or, cette fois, la donne est encore compliquée par les aléas du Brexit, sans compter que le commissaire au budget veut voir celui-ci augmenter.

Pour la période 2014-2020, le budget de l’Union a atteint 1.087 milliard d’euros. Un montant qui équivaut à 1,03% du PIB européen. Pour la première fois de son histoire, crise financière oblige, l’UE avait raboté ses moyens de fonctionnement. Mais Günther Oettinger se montre ambitieux et a déjà fait part de son intention d’obtenir un budget supérieur situé entre 1,1% et 1,2% du PIB de l’Union.

Un trou dans la caisse

Premier souci, le Brexit. Après l’Allemagne et la France, le Royaume-Uni est, en 2016, le troisième plus grand contributeur net au budget de l’UE. En chiffres, sur une contribution annuelle de 12,8 milliards d’euros, elle ne reçoit en retour, via les différentes politiques de soutien, qu’un peu plus de 7 milliards.

Son départ créera donc un trou important – 8,5% du budget global – que la Commission entend combler. Par des mesures d’économies ou de nouvelles ressources.

En janvier dernier, Oettinger a proposé deux pistes de nouvelles rentrées pour compenser le trou du Brexit: une taxe sur les plastiques non recyclés et une modification du système d’échange des émissions de carbone (ETS).

Un long débat

L’UE, dont le budget dépend des contributions directes des États et de ressources propres, se prépare à une négociation serrée. Par les temps qui courent, certains États refusent de confier un euro de plus de leur budget aux instances européennes. D’autres rechigneront à la création de nouvelles ressources par des taxes qu’ils s’estimeront en droit de réclamer au niveau national.

Ce mercredi, la Commission donnera donc ses premières pistes de discussion. Mais le chemin sera long avant de pouvoir mettre d’accord le Parlement et les représentants des États au sein du Conseil. L’idée d’aller vite pour en finir avant les élections européennes de juin prochain et la mise en place d’une nouvelle équipe de commissaires paraît en tout cas illusoire.