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L’opportunité de la finance inclusive et verte



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Financement d’équipements pour un atelier de fabrication de chocolat en Colombie. Crédit Photo: Luxfactory

Xavier Heude, Senior Advisor Luxfactory et cofondateur de Backbone, propose son avis d’expert sur l’actuel gouvernement, qui a dans sa politique économique la diversification de la place financière afin de la rendre moins dépendante de la domiciliation et de l’administration de fonds et moins vulnérable aux aléas conjoncturels. 

Deux axes sont retenus: le développement de la finance inclusive et de la finance verte. Ces deux axes sont des leviers importants pour faire face à deux défis mondiaux majeurs, dont la résultante commune est la migration des populations. Le premier est l’importante couche de population sans emploi dans de nombreux pays en développement ou émergents; et le second, le manque d’accès à l’énergie à des conditions économiques favorables dans ces mêmes pays, représentant un frein à leur croissance.

 

Le positionnement de la place financière sur la finance inclusive (accès au financement pour les micro-entrepreneurs et les PME) et verte est un bon choix. Cependant, qu’en est-il en termes de création de valeur pour l’industrie de la finance au Luxembourg?

L’avenir de la finance inclusive et verte nécessite notamment une augmentation du niveau d’expertise dans l’analyse et la sélection d’opportunités d’investissement à haute valeur ajoutée, respectivement sur le plan socio-économique et sur le plan environnemental. La contribution et la localisation à Luxembourg de nouveaux acteurs privés dans ce domaine sont surtout visibles sur le segment de la finance verte, avec, en 2018, le lancement de l’International Climate Finance Accelerator (ICFA).

À noter également, l’initiative conjointe entre la BCEE et l’asbl Etika, depuis 1997, d’accorder des prêts à taux bonifiés pour le financement d’activité sur le territoire luxembourgeois, à fort impact social ou environnemental, ou encore la participation de BGL BNP PARIBAS au capital de Microlux (institution de microfinance au Luxembourg créée en 2016).

En matière de finance inclusive, les principaux acteurs privés engagés aux côtés de partenaires publics sont essentiellement des institutions historiques: la Bourse de Luxembourg (lancement depuis 2017 de cotations de green bonds et social bonds) ou les banques; distribution du fonds de microfinance LMDF – Luxembourg Microfinance Development Fund. Ces initiatives, visant à positionner Luxembourg comme Place d’expertise en finance durable, n’ont pas eu un effet d’incubateur pour le développement de nouveaux acteurs privés.

En 2016, la Direction de la coopération et de l’action humanitaire du ministère des Affaires étrangères et européennes luxembourgeois (MAEE) de la Business Partnership Facility a institué une subvention directe non remboursable pour favoriser le développement de projets commerciaux durables dans l’un des 13 pays en développement éligibles. Cette enveloppe s’adresse aux acteurs privés actifs dans les secteurs suivants: biohealth, fintech, logistique, technologies de l’information et de la communication, éco-innovation et économie circulaire. 

  

Afin d’accentuer la création d’activités innovantes au Luxembourg autour de la finance inclusive, certaines pistes de réflexion sont à creuser. Une première option consisterait à renforcer le pôle d’expertise Public-Privé en micro & mesofinance, suivant le même modèle que le programme ICFA: offrir de l’aide aux gestionnaires de fonds d’investissement innovateurs prêts à investir dans des PME et coopératives contribuant à favoriser une croissance économique durable et inclusive, notamment dans des régions du monde où l’accès des PME au financement est très difficile.

Une seconde option consisterait à mettre en place un mécanisme de financement ou de garantie de type «first loss», auquel pourraient candidater les fonds de finance inclusive dont l’équipe de gestion est à Luxembourg et dont les actifs sous gestion sont inférieurs à 10 millions d’euros, afin de leur faciliter l’entrée de nouveaux souscripteurs. En effet, ces derniers se sentiront rassurés par le fait que les premières pertes du fonds (si cela se produit) seront supportées jusqu’à une certaine hauteur à définir par une partie tierce en tant qu’acteur public.

  

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