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Entretien express

Lopez, le football, le business et l’IA



Gerard Lopez ne veut pas changer de nature, mais songe à communiquer davantage dans une société où l’absence médiatique est souvent mal perçue. (Photo: Lala La Photo)

Gerard Lopez ne veut pas changer de nature, mais songe à communiquer davantage dans une société où l’absence médiatique est souvent mal perçue. (Photo: Lala La Photo)

Gerard Lopez était récemment de passage à Luxembourg pour rencontrer des lycéens. L’entrepreneur et président du Losc leur a conseillé de s’intéresser à l’humain et leur a parlé d’intelligence artificielle, dans laquelle il veut investir.

Il avait pronostiqué la victoire de l’équipe de France au mondial de football. Toujours entre deux avions, Gerard Lopez était de passage à Luxembourg le jeudi 12 juillet dernier. À la veille des vacances scolaires, en pleine période de mercato estival au football, il avait répondu à l’invitation de la Conférence nationale des professeurs de sciences économiques et sociales (CNPSES) qui récompensait, comme chaque année, les 40 meilleurs étudiants de ces sections.

Aux jeunes gens qui s’apprêtent à prendre leur avenir en main, Gerard Lopez leur conseille de ne pas négliger des matières «classiques» telles que l’histoire, les sciences humaines ou la littérature. Un cursus auquel l’entrepreneur ajouterait une connaissance du business, sans pour autant se limiter au parcours universitaire. 

Il ne faut pas penser qu’on peut apprendre le business.

Gerard Lopez

«Il ne faut pas penser qu’on peut apprendre le business. Aller à l’université et ne suivre que des cours d’économie ou de finance permettra de faire un bon banquier, mais ça ne fera pas un entrepreneur», lance Gerard Lopez à Paperjam, tout en insistant sur la place que prendront les machines dans un avenir proche: «Les machines auront atteint un tel niveau d’intelligence que beaucoup de choses que nous avons dû apprendre seront faites par elles pour nous. Par contre, on ne nous enlèvera jamais le contact avec l’être humain, la partie sociale et la créativité dont une machine en est incapable, car elle ne ressent pas d’émotions.» 

Autre message adressé aux étudiants: «Essayez». «Il est plus facile d’être du côté critique que de la création de valeur. Il ne faut pas avoir peur de la défaite, du risque ou de perdre. C’est là que l’entourage joue un rôle important dans le soutien à apporter, comme on peut le voir aux États-Unis.»


Gerard Lopez a aussi échangé avec les étudiants durant une table ronde modérée par le président de la Conférence nationale des professeurs de sciences économiques et sociales (CNPSES), Marc Muller.

Mobilité et consommation 

Travaillant toujours sur le chantier Ecotive – derrière les taxis électriques Metrocab –, Gerard Lopez reste également actif dans les projets en infrastructures en Europe de l’Est, notamment via la structure Nekton.

À titre personnel ou via la société de capital-risque Mangrove Capital Partners, dont il est un des fondateurs et actionnaires, il continue aussi à scruter des entreprises qui représenteraient un intérêt, tout en essayant de les convaincre de venir s’implanter au Luxembourg. Comme ce fut le cas autrefois avec Skype.

La réussite viendra-t-elle de l’intelligence artificielle? L’investisseur voit le sujet à la fois comme un risque et une opportunité: «Je m’intéresse au comportement des consommateurs pour lequel l’intelligence artificielle ouvre des avenues énormes par rapport à une industrie que l’on pensait pourtant bien connaître.» L’automobile et la médecine font partie de ses sujets de prédilection autour de l’intelligence artificielle.

Communiquer, un peu plus

Sur un autre plan – sportif cette fois –, Gerard Lopez espère que la rentrée sportive du club de football de Lille, le Losc, dont il a pris les commandes en janvier 2017, se déroulera sous de bons augures, après une séquence négative fin 2017 quant aux finances et à la bonne tenue du club.

Une non-présence médiatique ne veut pas dire que je ne suis pas là.

Gerard Lopez

Une leçon à tirer de cette expérience pour celui qui cultive la discrétion, comme d’autres l’apparition dans les médias? «Une non-présence médiatique ne veut pas dire que je ne suis pas là, cela veut juste dire que je n’ai pas envie de parler. C’est un apprentissage. Est-ce que cela veut dire que je vais devenir un surcommunicant? Non, mais peut-être que je vais essayer de trouver un juste milieu.»