POLITIQUE & INSTITUTIONS
POLITIQUE

Six semaines avant le verdict dans le procès LuxLeaks en appel

L’Onu appelle à protéger les lanceurs d’alerte



deltour_decembre_dessard.jpg

Antoine Deltour et Raphaël Halet sont cités par Alfred de Zayas comme des lanceurs d’alerte à protéger et non pas à poursuivre. (Photo: Marion Dessard / archives)

L’expert indépendant des Nations unies sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, l’Américain Alfred de Zayas, a lancé un vibrant appel aux gouvernements.

Les lanceurs d’alerte de l’affaire LuxLeaks, Antoine Deltour et Raphaël Halet, ont été cités par l’expert indépendant désigné par le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu en 2012. Celui-ci réagissait à la décision de Barack Obama, sur le point de céder le bureau ovale à Donald Trump, de commuer la peine d’emprisonnement de Chelsea Manning, l’ancienne militaire qui avait dénoncé des bavures commises par les troupes américaines en Afghanistan et en Irak.

Alfred de Zayas, par ailleurs professeur de droit international au sein de l’École de diplomatie et de relations internationales de Genève, a salué le geste de l’ex-président américain tout en n’oubliant pas les autres lanceurs d’alerte.

«J’accueille la commutation de la peine de Chelsea Manning et sa sortie à venir en mai. Il y a cependant de nombreux lanceurs d’alerte qui ont servi la cause des droits de l’Homme et qui sont encore en prison dans de nombreux pays à travers le monde. Il est temps de reconnaître la contribution des lanceurs d’alerte à la démocratie et à l’État de droit et de cesser de les persécuter. J’appelle les gouvernements dans le monde entier à mettre fin aux campagnes de diffamation, de harcèlement et même de poursuite de lanceurs d’alerte comme Julian Assange, Edward Snowden, Antoine Deltour et Raphaël Halet, et Rafi Rotem qui ont agi de bonne foi et qui ont donné son sens à l’article 19 de la Convention internationale des droits civils et politiques sur la liberté d’expression.»

L’expert indépendant ajoute encore que «le droit de savoir proclamé dans l’article 19 est absolument crucial pour toute démocratie» et enjoint les États à adopter une «Charte des droits des lanceurs d’alerte» telle que celle qu’il a présentée devant l’assemblée générale des Nations unies en 2016.

La décision de la Cour d’appel de Luxembourg est attendue le 15 mars dans le procès LuxLeaks.