POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Négociations sur le Brexit

Londres tente toujours d’imposer le rythme



Le troisième tour de négociations entre Londres et ses futurs ex-partenaires européens n’a pas permis d’avancées conséquentes. Le dialogue de malentendants se poursuit entre Michel Barnier, négociateur pour l’UE, et son homologue britannique David Davis.

Le troisième round de négociations entre les «27» et la Grande-Bretagne quant au règlement du divorce prévu pour mars 2019 n’a toujours pas permis d’avancées significatives. C’est en tout cas le point de vue de Michel Barnier, négociateur au nom de l’Union européenne. Montrant déjà des signes d’exaspération en début de semaine, il a confirmé jeudi qu’«aucun progrès décisif n’avait été enregistré sur les sujets principaux».

Les points de vue continuent de diverger, jusqu’à la planification de l’agenda de sortie. L’UE exige d’organiser d’abord la séparation avant de parler d’avenir, alors que Londres continue à vouloir négocier parallèlement l’avenir des relations futures.

Des progrès insuffisants

«Le temps presse pour parvenir à un accord global», a averti hier Michel Barnier. «Au rythme actuel, nous sommes loin de constater des progrès suffisants pour pouvoir recommander au Conseil européen d’engager des discussions sur les futures relations.»

Ce troisième tour de négociations a à nouveau patiné face aux discussions sur la facture du divorce que les Britanniques devront acquitter en partant en 2019. L’UE entend que le Royaume-Uni tienne tous les engagements financiers pris jusqu’à son départ, c'est-à-dire aussi le financement de programmes échelonnés après 2019.

Londres estime de son côté que ses obligations s’arrêteront après avoir versé sa dernière part au budget européen, en 2019. «Les contribuables UE ne devraient pas payer à 27 les obligations entreprises à 28, ce ne serait pas juste», a souligné Michel Barnier.

Les contribuables de l’UE ne devraient pas payer à 27 les obligations entreprises à 28.

Michel Barnier, négociateur pour l’UE

Quant au montant total de la facture, les Britanniques continuent à l’estimer à un maximum de 40 milliards d’euros, alors que les «27» l’estiment, eux, entre 60 et 100 milliards d’euros.

Étant donné la lenteur des progrès, il est peu probable que le volet des relations futures puisse déjà être abordé lors du Sommet d’automne du Conseil européen, en octobre prochain. Ce qui était pourtant l’objectif.