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Secteur bancaire

L’OGBL dénonce la «situation dramatique» de la Place



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Selon l'OGBL, le contournement de la loi dans le secteur bancaire devient de plus en plus préoccupant. (Photo: Jessica Theis/archives)

En pleines négociations de la future convention du secteur bancaire, le syndicat a tenu à dénoncer les pratiques en vigueur dans le secteur en matière de dialogue social. Un message destiné à faire évoluer la loi sur les licenciements économiques.

Alors que l’OBGL-SBA, tout comme l’Aleba, le LCGB et l’ABBL se sont engagés à ne pas communiquer séparément sur les négociations en cours dans le cadre de la prochaine convention collective du secteur bancaire, le syndicat assure garder sa liberté de parole sur les autres thématiques liées au même secteur. Jeudi, Véronique Eischen, membre du bureau exécutif de l’OGBL, ne s’est donc pas privée pour dénoncer «les nombreux problèmes», n’hésitant pas à évoquer «une situation dramatique».

Au cœur de son propos, la multiplication d’exemples d’établissements financiers «ne respectant pas le cadre légal» en matière de licenciement. «Le Code du travail prévoit deux outils légaux pour se séparer de personnels», rappelle la syndicaliste. «Le plan de maintien pour l’emploi et le plan social. Tous deux ont été contournés par la direction qui a voulu avoir recours à une convention d’entreprise. Ce qui est une manière de plus en plus répandue de licencier des salariés à moindre coût puisqu’il n’y est ni question de reconversion du personnel ni de mesures spécifiques.»

Une question de principe de rappeler aux banques qu’elles doivent respecter la loi.

Véronique Eischen, membre du bureau exécutif de l’OGBL

Pour étayer les propos, l’OGBL s’est longuement attardé sur le cas de la banque Rothschild, qui a annoncé son intention de se séparer de 18 postes d’IT d’ici 2018. Des postes occupés à l’heure actuelle par des salariés âgés entre 40 et 55 ans, à l’employabilité potentiellement plus difficile malgré le déficit chronique de personnels ICT qualifiés sur la Place. «C’est un exemple triste et pas acceptable de décisions prises par une banque qui se fait au détriment des salariés», affirme Véronique Esichen, qui affirme que «d’autres banques ne respectent pas la loi».

Mise à jour le 23 décembre:

Edmond de Rothschild a réagi suite à la conférence de presse organisée par l’OGBL en indiquant se montrer soucieuse du respect du droit du travail et du dialogue avec les partenaires sociaux.

«Le projet d’optimisation des infrastructures informatiques a été annoncé aux représentants du personnel d’Edmond de Rothschild (Europe) en avril 2016 dans le respect des lois et usages du Luxembourg. Ce projet ne prendra effet qu’en avril 2018, indique la banque, qui ajoute favoriser et encourager «avec le plus grand soin l’employabilité de ses collaborateurs au travers de mesures d’accompagnement adéquates pour leur permettre de retrouver un emploi soit en mobilité interne soit en externe, au terme du projet. En 2016, Edmond de Rothschild a continué d’affirmer sa présence sur la Place de Luxembourg en recrutant de nouveaux collaborateurs et en renforçant ses structures.»

Le licenciement de quatre personnes de la cantine de la Nordea Bank répondrait de cette même logique, la direction refusant la mise en place d’un plan social «pour des salariés qui ont entre 20 et 30 ans d’ancienneté». «Dans ce cas, ce n’est pas le nombre de personnes qui est en jeu, mais c’est une question de principe de rappeler aux banques qu’elles doivent respecter la loi», juge la membre du bureau exécutif de l’OBGL.

Réunion avec Nicolas Schmit le 11 janvier

Bien qu’assurant «ne pas vouloir faire passer un message d’une manière détournée à l’ABBL» dans le cadre des négociations en cours, elle n’hésite cependant pas à réaffirmer «certains éléments qui figurent dans le catalogue commun des revendications». L’existence de «quelque 10.000 faux cadres sur l’ensemble de la Place» par exemple. À savoir ces personnels sortis de la convention collective alors qu’ils ne répondent pas entièrement aux critères définis comme l’autonomie des horaires ou les responsabilités effectives. «Encore une fois, c’est une manière détournée de ne pas respecter la loi en ne payant pas les heures supplémentaires par exemple», estime-t-elle, en affirmant qu’«au moins 30% des salariés de la BGL sont dans ce cas».

Principales cibles de ces messages: le ministre des Finances pour son projet de loi controversé no7024, accusé d’aboutir à la délocalisation de milliers d’emplois de back-office, mais aussi le ministre du Travail, dans le cadre de la réforme de la loi sur le licenciement économique. Une réunion avec Nicolas Schmit (LSAP) est d’ores et déjà programmée pour le 11 janvier prochain avec le syndicat qui tentera de faire évoluer la législation afin «de rendre obligatoire l’annonce d’un plan social ou d’un plan de maintien dans l’emploi dans le cadre de licenciements économiques».