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L’intérim, une variable sans ajustement



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Les nombreux chantiers en cours dans le pays ont entraîné une hausse du recours à l’intérim dans le secteur du BTP. (Photo: Shutterstock)

Représentant 2% de l’emploi salarié au 31 mars dernier, l’intérim reste très stable au Luxembourg, hormis dans le BTP.

Par prudence, même en temps de croissance, les entreprises auraient plutôt recours au travail intérimaire pour satisfaire leurs besoins en main-d’œuvre ou en compétences, avant de réaliser des embauches en CDI. L’intérim fait alors figure de marqueur de la reprise économique dans certains secteurs. Au Luxembourg, malgré la bonne tenue actuelle du pays – dont le PIB a renoué avec un rythme annuel de croissance de l’ordre de 3% pour la première moitié de 2018 –, les contrats intérimaires représentaient seulement 2% du total des contrats au 31 mars 2018, selon les chiffres de l’Adem. Contre 85% pour le CDI et 5% pour les CDD.

En comparaison, d’après Eurostat, le travail intérimaire représentait en 2016 2,7% de l’emploi total en France (2% en 2009), 2,1% en Allemagne (1,7%), 2,1% en Belgique (1,6%) et 2,2% en zone euro (1,8%). «C’est en Slovénie, aux Pays-Bas et en Espagne que cette part est la plus importante», précisait la Fondation Idea dans une publication de juin 2017. «L’intérim est relativement stable dans le pays, il n’est pas utilisé comme une variable d’ajustement, complète une représentante du service Conjoncture du Statec.

Depuis quasiment 20 ans, la part la plus importante qu’il ait représentée sur l’emploi total a été de 2,6% en 2007. Et en 2009, il a baissé de 25% sur un an pour atteindre 1,8% des contrats de travail au Grand-Duché. Nous n’observons donc pas de forte tendance à la hausse.»

Un constat nuancé au sein de Reflex RH, agence d’intérim implantée au Luxembourg depuis 2006, et spécialisée notamment dans le secteur de la construction et des travaux publics (BTP). «Sur cette année 2018, nous avons senti une augmentation, explique une salariée de l’agence d’Esch -­Belval. Il y a plus de demandes pour les chantiers et les zones d’activités se développent, donc cet été, les entreprises ont plus eu recours à l’intérim.»

Une majorité de frontaliers

La FR2S (Federation for Recruit­ment Search & Selection), fédération créée en 2016 sous l’égide de la Fedil, avait publié en 2017 un focus sur le secteur du recrutement et de l’intérim. Elle faisait état d’un chiffre d’affaires généré par le secteur de quelque 320 millions d’euros en 2015 et 48 entreprises de travail intérimaire étaient recensées comme étant titulaires d’une autorisation d’établissement en 2017. «Le marché continue de démontrer sa bonne santé avec une croissance soutenue de plus de 9% depuis le début de l’année 2017, ce qui laisse enfin espérer un niveau d’activité supérieur à ce qu’il était avant la crise de 2009», expliquait la FR2S.

En 2016, les frontaliers représentaient plus de 70% du total des intérimaires, contre 76% en 2009. Par nationalités, les résidents français constituent le principal contingent de travailleurs intérimaires (57% du total), suivis des résidents (30%, majoritairement de nationalité portugaise).

Dans sa publication de juin 2017, la Fondation Idea précisait que les travailleurs frontaliers belges et allemands restent, quant à eux, peu représentés dans le travail intérimaire, «respectivement à 9% et 4%, malgré une progression de 2 points de pourcentage de la part des résidents belges par rapport à 2009».

Un marché de l’intérim qui semble donc en croissance, mais l’emploi total évoluant lui aussi positivement au Luxembourg, la part de l’emploi temporaire reste dans les mêmes proportions.