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Mission économique

L’Inde dans la ligne de mire d’une poignée d’initiés



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En 2016, l’Inde n'était que le 31e partenaire du Luxembourg en termes d’exportations et le 40e en termes d’importations. (Photo: Licence CC)

L’Indian Business Chamber of Luxembourg (IBCL) organise mercredi et jeudi un voyage économique à New Delhi à l’occasion de la Smart Cities India 2017 Expo. Une initiative confidentielle – trois entreprises seulement y prennent part – mais qui a l’ambition d’ouvrir la voie vers l’une des plus grandes économies au monde.

Au départ, l’IBCL avait estimé à huit le nombre minimum d’entreprises pour organiser un déplacement à New Delhi. Il fallait par ailleurs que ce soit des sociétés déjà familiarisées avec le marché indien et, surtout, qui «aient quelque chose de concret à offrir».

Finalement, trois candidats seulement ont fait part de leur intérêt. Décevant, certes, mais pas suffisamment pour entamer l’enthousiasme de l’équipe de l’IBCL - une structure créée en 2009 et qui compte aujourd’hui 130 membres -, qui a tenu à maintenir cette mission économique.

«Il faut bien que quelqu’un prenne l’initiative et montre l’exemple», lâche Pedro Castilho, le président de l’organisation. «Mais ce voyage est tout de même organisé en concertation avec la Chambre de commerce et le ministère de l’Économie, qui nous soutiennent.»

Cent «smart cities» à construire

C’est donc Deloitte, le Luxembourg Green Exchange et le cabinet de conseil Quantum Business Advisory qui feront partie de la délégation luxembourgeoise pour assister à la 3e édition de la Smart Cities India 2017 Expo, un rendez-vous gigantesque étalé sur deux jours, le 10 et le 11 mai, et parler du développement des «smart cities» en Inde.

«Les autorités indiennes veulent créer un couloir économique entre New Delhi et Bombay (soit 1.400km, ndlr) sur lequel elles prévoient de développer une centaine de ces smart cities», rappelle Pedro Castilho. Les opportunités sont donc nombreuses. D’autant plus que le Luxembourg s’est proposé de devenir une référence dans ce domaine en Europe.

Des relations commerciales presque inexistantes

«La place financière du Luxembourg pourrait jouer un rôle important dans le financement de ces projets», note Tom Pfeiffer, partner assurance chez Deloitte, qui participera à cette mission économique. «Par ailleurs, un India Green Bonds Council a été créé en 2016 pour développer le marché des obligations vertes. Notre expertise pourrait être ici aussi très utile.»

Pourtant, les relations économiques avec l’Inde ne sont pas la priorité du Grand-Duché. Et l’inverse non plus. Les échanges commerciaux de biens entre les deux pays ont atteint 50 millions d’euros en 2016, l’Inde étant le 31e partenaire du Luxembourg en termes d’exportations et le 40e en termes d’importations.

L'année dernière, le ministre de l’Économie, Étienne Schneider, s'était rendu en Inde avec une vingtaine d’entreprises luxembourgeoises lors d’une mission économique officielle. Le communiqué de presse qui annonçait ce déplacement rappelait que «l’Inde était le pays asiatique avec la plus forte croissance économique, dépassant celle de la Chine en 2015». Mais peu de choses concrètes en étaient ressorties.

Mis à part ArcelorMittal, les quelques investisseurs indiens au Luxembourg se comptent sur les doigts d’une main. «Ce sont de petits champignons isolés, mais ils sont là», estime toutefois Pedro Castilho, qui espère bien que cette initiative sera le premier chapitre d’une relation économique fructueuse entre l’Inde et le Luxembourg.