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Rebranding et développement

Linc, un groupe incubateur aux idées «net»



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Marc Neuen, fondateur et CEO de Linc, tient à faire souffler l'esprit d'entreprise et de synergie. (Photo: Sven Becker)

Appuyée sur le produit phare yellow.lu et ses déclinaisons, la Compagnie luxembourgeoise des annuaires devient Linc, évolue dans une logique de groupe qui cultive l’innovation, explore le web et encadre l’éclosion de projets d’entreprise 2.0, jusqu’au financement le cas échéant.

Dites Linc. Comme Luxembourg Internet Culture. Ou Luxembourg Innovative Company. Ou encore Luxembourg Incubator. Ou, mieux, comme un condensé de tout ça. C’est en tout cas le vœu de Marc Neuen et de son équipe. Car la Compagnie luxembourgeoise des annuaires, fondée en 2006 pour encadrer l’avènement de yellow.lu, a opéré un rebranding qui n’est pas seulement cosmétique.

Détenue à 100%, depuis l’origine, par des capitaux privés luxembourgeois, la société est à la base du premier annuaire full web du pays: «On s’attaquait à un monopole. On devait innover, anticiper et se remettre en cause au fil de l’évolution», commente Marc Neuen, fondateur et CEO de Linc désormais.

Une plateforme en constante évolution

La plateforme yellow.lu s’est développée sur ces préceptes: mettant en ligne les pages blanches et les pages jaunes en parallèle, alignant des services digitaux à valeur ajoutée, l’annuaire a été le premier à proposer une application mobile, à ajouter les informations commerciales mises à jour, à être certifié Google Partner, etc.

Lancée en ce mois de mars, la nouvelle version de yellow.lu intègre également appréciations et commentaires des utilisateurs ou encore des résultats dynamiques aux recherches ciblées, basés sur les préférences des utilisateurs. «L’algorithme de recherche a été repensé pour apporter des résultats plus pertinents», résume Philippe Boyer, directeur de yellow.lu.

Une stratégie de groupe

C’est que, depuis l'été 2014, le groupe a développé une stratégie pour capitaliser sur les acquis techniques et l’expérience emmagasinée, pour se diversifier en innovant.

Les outils autour de yellow.lu ont notamment généré des business units aux compétences spécifiques, à l’image de Webpartner (lancée fin 2014), une agence spécialisée dans le marketing digital et le brand monitoring, sous la houlette de Laurence Casenave.

Avec Linc, le groupe entre aussi dans une nouvelle logique, celle de l’écosystème de start-up. «On peut aussi apporter une partie de notre savoir-faire et aider le marché. L’esprit d’entreprise souffle différemment aujourd’hui dans le pays», glisse Marc Neuen, qui évoque dans ce contexte des initiatives comme Nyuko (son initiateur, Nicolas Buck, n’a d’ailleurs pas manqué de venir jeter un œil lors de la présentation officielle de Linc).

100.000 euros injectés, pour commencer

Ainsi, outre le développement de projets internes, Linc (en format Luxembourg Incubator) encourage et participe activement à des projets externes. L’appui se matérialise, dans un flux à double voie, par les synergies avec yellow.lu, par un accompagnement stratégique et opérationnel (plan d’affaires, marketing et communication, IT, vente d’espaces, etc.). Une première start-up, foostix.lu, bénéficie de ce tutorat.

Linc, au début de cette année, a même injecté 100.000 euros pour augmenter le capital de cette entreprise internet familiale, qui joue la carte des plats de restaurant livrés à domicile.

Il y en aura d’autres, sachant que deux projets ont déjà été jugés pas assez pertinents dans ce contexte, mais que deux autres sont dans le pipeline, dont un menant jusqu’en Afrique. Un budget théorique de 6 à 700.000 euros est d’ailleurs prévu par le groupe Linc, pour pouvoir investir en sautant sur l’éventuelle occasion.

Pour rappel, yellow.lu avait été lancée en 2006, dans le cadre d’une collaboration entre Emresa et RTL, avant d’être repris à 100% par la Compagnie luxembourgeoise d’annuaires, devenue Linc fin 2014. Les actionnaires sont bien connus du tissu entrepreneurial du Grand-Duché: depuis avril 2009, on y trouve notamment les administrateurs de sociétés Thierry Glaesener, John Penning, Daniel Schneider, Pierre Schneider et Alex Sulkowski, l’avocat René Faltz, les sociétés Lakehouse (Jean-Claude Bintz), Kuhn Soparfi (Roland Kuhn), Luxite Finance (Charles-Louis Ackermann) ou Reflex Investment (Stan Torba). Les administrateurs de Linc sont, depuis juin 2014, Marc Neuen (administrateur délégué), Patrick Hansen, Dan Schneider, Adeline Heiderscheid et Marco Sgreccia.