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L’IA créera autant d’emplois qu’elle n’en détruira



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Les robots génèrent de nombreuses craintes auprès des salariés, notamment dans le secteur de l’industrie. (Photo: Licence C.C.)

Source d’inquiétudes pour les salariés, l’intelligence artificielle créerait autant d’emplois qu’elle n’en détruirait au Royaume-Uni dans les 20 prochaines années, selon une récente étude de PwC. Le constat semble se confirmer au Luxembourg.

L’industrie 4.0, l’automatisation, la robotisation, la digitalisation… L’intelligence artificielle (IA) est au cœur des stratégies des entreprises, quel que soit le secteur dans lequel elles évoluent. Et elle est également au cœur des craintes des salariés, qui s’inquiètent que leur emploi actuel ne disparaisse dans le futur, au profit de robots ou de machines.

Une récente étude réalisée par PwC au Royaume-Uni confirme deux choses: l’IA va bien détruire des emplois dans les 20 prochaines années, de l’ordre de 7 millions, mais «elle devrait créer 7,2 millions d’emplois sur la même période», ajoute PwC UK.

Le secteur manufacturier touché

Les secteurs du domaine de la santé (+22%), des services techniques et scientifiques (+16%) et l’éducation (+6%) seraient ceux qui bénéficieraient des plus fortes augmentations nettes d’emplois.

À l’inverse, les services de manufacture (–25%), de transport et stockage (–22%) et les services administratifs publics (–18%) seraient les plus touchés par les destructions d’emplois au Royaume-Uni dans les 20 prochaines années.

La formation des salariés au cœur du sujet

Les conséquences de l’IA sur l’emploi n’ont pas encore été passées au crible de cette manière au Luxembourg, mais les mêmes tendances semblent se profiler, selon Christian Scharff, associé People & Organisation au sein de PwC Luxembourg.

«Des études comme celle des chercheurs Carl Benedikt Frey et Michael Osborne de l’université d’Oxford réalisée en 2013 annonçaient que 47% des emplois américains étaient menacés d’informatisation. Aujourd’hui, les analyses reviennent sur ces premières prévisions très pessimistes.»

Un jeu de «chaises musicales»

Pour l’associé de PwC Luxembourg, «l’enjeu majeur est la formation des salariés. Les emplois, du fait de la digitalisation, sont upgradés, et l’humain est toujours essentiel, c’est pourquoi il faut qu’il y ait d’importantes montées en compétences pour répondre à ce sujet de l’intelligence artificielle.»

L’IoT, le big data ou la cybersécurité sont autant de domaines qui évoluent en permanence «et des dizaines de métiers sont en train d’émerger, certains que nous ne connaissons pas encore et qui résoudront des problèmes qui nous sont actuellement inconnus. Évidemment, l’IA détruira des emplois, mais les métiers vont migrer, et il y aura plutôt un jeu de chaises musicales», appuie Christian Scharff.

Le «très innovant» Luxembourg Digital Skills Bridge

«Il faut également, plutôt que de regarder à l’horizon 2030, s’intéresser aux problèmes actuels d’emplois auxquels est confronté le Luxembourg. Des milliers de postes sont ouverts et ne trouvent pas preneurs, là encore la formation et la requalification des personnes sans emploi sont au cœur du sujet.»

Et Christian Scharff d’approuver le Luxembourg Digital Skills Bridge porté par le ministère du Travail, «un projet extrêmement innovant et qui est une bonne première étape dans le développement des nouvelles technologies».

Pour rappel, le ministère du Travail a annoncé en juin dernier que 16 entreprises vont participer à ce programme de formation longue durée, représentant 535 salariés.