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Plate-forme à Thionville-Illange

L’Europort, «complémentaire» à Bettembourg



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L’Europort Thionville-Illange, plate-forme logistique et industrielle multimodale, possède 100 hectares de foncier disponibles, sur une surface totale de 200 hectares. (Photo: Europort)

Malgré l’échec du train test Chengdu-Thionville en août dernier, les gestionnaires de l’Europort restent confiants dans le développement de la plate-forme multimodale de Thionville-Illange, «sans concurrence» avec le hub de Bettembourg.

«Toutes les communications que nous avons réalisées, nos déplacements à des salons spécialisés, devraient commencer à porter leurs fruits encore durant cette année 2018.» Jean-Charles Louis, président du syndicat mixte ouvert (SMO) Europort, continue de croire fermement au développement de la plate-forme multimodale de Thionville-Illange.

«Le train test Chengdu-Thionville, qui n’est finalement jamais arrivé cet été, nous a appris beaucoup de choses. Nous savons désormais ce qu’il ne faut plus faire et nous avons déjà d’autres dossiers pour faire venir les trains de marchandises jusqu’à l’Europort». Le président du SMO n’en dévoilera pas plus, attendant de pouvoir annoncer des projets bouclés et signés.

Des partenariats déjà en place avec Cargolux

Jean-Charles Louis confirme toutefois sa volonté de «travailler en complémentarité avec le hub multimodal de Bettembourg et CFL Cargo», même s’il admet que «des contacts n’ont pas encore été repris».

Et l’Europort «n’est pas du tout un concurrent de Bettembourg. Nous sommes présents à la fois dans le fluvial, le ferroviaire et le transport routier. Et nous possédons également des réserves foncières. Nous avions notamment déposé un permis de construire pour une surface de 24.000m2 divisible en quatre cellules de 6.000m2. Les entreprises qui veulent s’implanter sur la plate-forme peuvent gagner énormément de temps puisqu’ils n’ont pas à déposer de permis de construire.»

Gestion du port public à partir du 1er janvier

Florence Lehnert, chargée de mission développement économique au sein de la communauté d’agglomération Portes de France–Thionville, ajoute d’ailleurs que «pour certains clients qui ont besoin de liaisons aériennes, nous travaillons déjà en partenariat avec Cargolux au Findel.»

Des changements sont également à prévoir pour l’Europort. «Dans le cadre de la loi NOTRe, Europort se verra confier, à partir du 1er janvier prochain, la gestion du port public, aujourd’hui géré par Camifemo, dont l’actionnaire majoritaire est la CCI de la Moselle», confirme Jean-Charles Louis.

Des financeurs privés au capital

Mais les fonctions de la SMO vont elles-mêmes changer, puisqu’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avait été lancé il y a quasiment un an, et dont la date limite de réponse est fixée au 30 septembre prochain. «Nous souhaitons que les entreprises manifestent leur intérêt pour notre plate-forme logistique et industrielle multimodale.» 

Car, concrètement, cet AMI modifiera plusieurs éléments: les membres du SMO ont pour objectif de constituer deux sociétés d’économie mixte à opération unique (SEMOP) chargées respectivement de l’aménagement et du développement logistique d’Europort et qui associeraient au SMO un ou plusieurs opérateurs économiques.

Une nouvelle dynamique pour la zone?

«Les collectivités peuvent descendre leur participation au sein des SEMOP jusqu’à 34% du capital, ce qui permet à des financeurs privés de devenir actionnaires majoritaires», précise Jean-Charles Louis, qui ajoute qu’il n’a, pour l’heure, «pas de noms d’entreprises qui se sont manifestées à communiquer».

De nouvelles annonces devraient donc intervenir dans les prochaines semaines concernant cette zone en gestation depuis plusieurs années.