POLITIQUE & INSTITUTIONS

Springbreak

Les vignerons partagés sur les suites à donner



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La nouvelle version de la Foire de printemps, Springbreak, doit encore faire ses preuves. (Photo: Springbreak)

Après une foire raccourcie mais un calendrier peu propice, les professionnels du vin cherchent de nouvelles voies pour rencontrer leurs clients.

Vignerons et négociants en vins, rassemblés dans le hall 8 lors du Springbreak qui s’est déroulé du 22 au 26 mars à Luxexpo, constituent une des attractions principales de la foire. Leurs doléances et remarques se doivent d’être écoutées par les organisateurs, même si tout n’est pas possible. «Il est indéniable que de gros efforts ont été faits cette année quant à l’aménagement, la décoration et l’ambiance de la foire», constate l’un d’eux. Il reconnaît la qualité et l’attrait de l’«urban village» avec ses food trucks, le bénéfice d’un nouveau parking côté sud et le fait que la foire ait été réduite à cinq jours.

Cependant, plusieurs manquements au niveau de la communication sont déplorés: «Le parking sud est tellement bien camouflé que beaucoup de visiteurs passent à côté», regrette-t-on. «Les affiches indiquaient des ouvertures de midi à minuit, ce qui n’était pas le cas des stands, mais seulement des animations», note un visiteur, un peu confus par rapport au nom: «C’est la même chose que la Foire de printemps, ou pas?»

À propos d’horaires, c’est un des regrets des exposants en vins: «Avant 16 ou 17h, il n’y a personne. En revanche, on pourrait ouvrir jusqu’à 22h, j’avais du mal à virer les clients.» Le plus critique est le choix de la date, un mois plus tôt que l’ancienne Foire de printemps. Une date qui convient aux vendeurs de mobilier de jardin, par exemple, mais qui tombe bien trop tôt pour les vignerons qui ne peuvent pas encore présenter leur nouveau millésime.

Un nouveau rendez-vous en juin

«Toutes les grandes surfaces font leurs foires aux vins en mars, ce n’est pas un bon calendrier pour nous», ajoute un vigneron, convaincu qu’il est intéressant de faire déguster des vins plus matures, mais qui devra «quand même participer à une autre foire pour avoir une chance de vendre les 2016». C’est justement ce qui sera proposé à Expovin du 14 au 18 juin au Hall Victor Hugo.

Ce nouveau rendez-vous a été voulu par les vignerons et négociants eux-mêmes qui se sont constitués en asbl pour l’occasion et ont fait appel à un professionnel de l’événement, Toolbox, pour l’organiser. «L’idée est de rassembler les professionnels luxembourgeois du vin et de la bière – une quarantaine s’est déjà montrée intéressée –, grands et petits, pour un événement fédérateur», explique Antoine Clasen en tant que président de la Fédération luxembourgeoise des vins et spiritueux.

En définitive, une réflexion mérite d’être menée plus globalement sur les foires en tant que telles à l’heure de la vente en ligne. «Il faut apporter une réelle plus-value dans le contact et la rencontre qui sont plus difficiles à mettre en œuvre dans les foires généralistes auxquelles les professionnels croient de moins en moins.»

Le détail des comptes n’est pas encore connu, car les exposants doivent recevoir une commission sur les visiteurs qu’ils ont invités, mais il est sûr qu’«on a moins vendu que sur neuf jours, même si la moyenne par jour est meilleure», estime notre témoin. «Du temps de mes parents, il suffisait d’un jour pour atteindre le chiffre de la foire en entier. Mon père ne se serait pas déplacé pour cela», estime le représentant d’une maison de tradition. «En fonction du résultat de cette nouvelle foire, chacun décidera s’il veut continuer à participer au Springbreak, privilégier Expovin ou faire les deux.»