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Nouveau parti

Les ultralibéraux font bande à part



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Les transfuges du DP constituent leur nouveau parti une semaine après le référendum. (Photo: Christophe Olinger)

Un nouveau parti est né sous l’étiquette de Déi Liberal, avec comme fondateurs des dissidents ultralibéraux du DP. Effet collatéral du référendum du 7 juin? Symptôme d’un certain malaise en tout cas.

«Il est temps pour un renouveau politique. Il est temps pour un départ libéral»: voici l’appel que lance une nouvelle formation politique qui se baptise Déi Liberal et qui est animée par des anciens membres du DP ayant choisi de faire bande à part, une semaine après le référendum. 

«Déi Liberal est une association politique regroupant des libéraux qui veulent mettre un terme à la politique socio-démocrate qui menace la liberté individuelle», souligne le communiqué de cette formation qui se présentera officiellement à la presse ce vendredi au restaurant Bacchus.

La création de ce parti apparaît sinon comme un acte de rébellion contre l’establishment libéral, au moins comme un signe de désinhibition de certains de ses membres en manque de repères. Un peu comme si le DP partait dans tous les sens, alors qu'une partie de sa base électorale n'a pas respecté les consignes de vote pour un 3 fois «oui». 

Déi Liberal revendique ouvertement son ralliement à l’école autrichienne de l’économie nationale inspirée par un ancien prix Nobel de l’Économie (1974), Friedrich von Hayek, présenté comme le «pape de l’ultralibéralisme».

Inspirateur de Pinochet, Reagan et Thatcher

La théorie de «l’État minimal» prônée par l’économiste autrichien est devenue la religion du Parti républicain aux États-Unis et a inspiré, selon des articles de presse, les gouvernements de Augusto Pinochet, Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Van Hayek est un peu le maître à penser de Claude Hemmer, un des trois fondateurs de Déi Liberal et accessoirement aussi, 1er conseiller de gouvernement au ministère de la Santé. Il fut aussi vice-président du Conseil d’État sous la casquette du DP jusqu’en novembre 2011.

Le haut fonctionnaire est assez connu pour ses théories, largement diffusées dans le quotidien proche du DP, le Journal, revendiquant le moins d’État possible, ce qui est assez contradictoire avec la position de numéro 1 qu’il occupe au ministère de la Santé et à ce titre responsable du système très étatique qui caractérise la carte médicale du Grand-Duché.

Claude Hemmer a aussi été le trésorier du DP et il a siégé au conseil communal de Mondercange, son lieu de résidence, mais ses idées ultralibérales n’ont pas vraiment fait d’émule au sein du parti de Xavier Bettel.

Hemmer s’est entouré de deux jeunes transfuges des Jeunes démocrates (JDL), l’avocat Robert Mines, inscrit au Barreau de Luxembourg depuis 2010 et candidat notaire, selon sa biographie, et Laurent Heisten, doctorant en droit public.

Reste à savoir si leur pensée ultralibérale est susceptible de rassurer les troupes et de faire beaucoup d'émules, alors que le résultat du référendum a plutôt montré un repli de la population vers le conservatisme et l'entre-soi. Ce mouvement rebelle, même marginal, risque en tout état de cause de semer un certain trouble chez les sympathisants libéraux.