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Les start-up européennes en retard sur l’IA



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Pour ne pas se laisser devancer, l’Union européenne veut développer des supercalculateurs, indispensables au traitement des données de l’IA. (Photo: Nader Ghavami / archives)

Le Vieux Continent, mis à part le Royaume-Uni, accuse un certain retard sur le terrain des jeunes pousses actives dans le domaine de l’intelligence artificielle, selon une étude réalisée par le cabinet Roland Berger.

1,5 milliard d’euros. C’est le montant que l’État français va consacrer à l’intelligence artificielle sur l’ensemble du quinquennat. Emmanuel Macron l’avait annoncé en mars dernier lors du colloque «AI for humanity». Une récente étude réalisée par le cabinet Roland Berger et le fonds de capital-risque Asgard confirme que l’Hexagone a encore du pain sur la planche pour peser dans ce domaine. 

L’étude, intitulée «Artificial Intelligence – A strategy for European startups», compare notamment le nombre de start-up spécialisées en intelligence artificielle par continent, pays et ville. Et les États-Unis sont très loin devant, avec 1.393 jeunes pousses dénombrées, contre 769 pour l’Europe, qui pointe donc en deuxième place du classement.

En y regardant de plus près, on se rend compte que le Royaume-Uni dope les chiffres du Vieux Continent, puisque 245 jeunes pousses y sont présentes, contre 109 en France et 106 en Allemagne.

Le Grand-Duché à l’origine d’un supercalculateur européen

Du côté du Luxembourg, pas de «plan intelligence artificielle» de prévu à l’horizon. Le gouvernement parle plutôt d’une innovation technologique encouragée dans la stratégie Rifkin, et qui serait appliquée à différents niveaux. Mais le Grand-Duché a déjà fait montre de son investissement dans cette technologie émergente, puisqu’il est à l’initiative d’un projet européen nommé EuroHPC et qui aura la charge de gérer de futurs supercalculateurs européens de haute performance. Évoqué pour la première fois en 2015, la Commission a décidé en janvier que ce serait le Grand-Duché qui accueillerait le siège de cette société européenne.

Les supercalculateurs, ou superordinateurs, sont conçus pour atteindre de très hautes performances, en particulier en termes de vitesse de calcul. Application donc toute trouvée dans le domaine de l’intelligence artificielle, notamment en ce qui concerne le deep learning, une technologie qui demande énormément de puissance de calcul.

1 milliard investi dans EuroHPC au Luxembourg

D’ici 2020, environ 1 milliard d’euros de fonds publics seront investis dans l’initiative EuroHPC, portée par plusieurs États membres, dont la France, l’Allemagne et le Luxembourg. Le Grand-Duché mène en parallèle un programme national pour le développement d’un HPC haute performance. Le pays compte déjà trois supercalculateurs de moindre capacité: un dans le centre de recherche de Goodyear, un autre au Luxembourg Institute of Science and Technology (List), et un dernier, le plus gros au niveau public, à l’Uni.

Laurent Probst avait expliqué à Paperjam en février dernier, au sujet du projet HPC, qu’il s’agit «d’une opportunité pour créer de la valeur à partir des données». Mais l’associé de PwC nuançait toutefois, ajoutant que «plusieurs centres d’intelligence artificielle que je ne peux pas nommer n’ont pas pu se développer au Luxembourg à ce jour en raison de l’absence de talents, et sont allés se localiser au Canada ou en Corée du Sud. Il est donc nécessaire d’imaginer l’équivalent d’un plan Marshall pour les compétences en intelligence artificielle.»

 

«Artificial Intelligence – A strategy for European startups», étude réalisée par le cabinet Roland Berger et le fonds de capital-risque Asgard.