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Les portails Luxembourgeois:  Synthèse

Les portails Luxembourgeois:  Synthèse



Paperjam

Et le Luxembourg dans tout ça?

Fini l'âge des «petits joueurs». Internet, nouveau champ de bataille entre grands groupes?

Nous avons limité le nombre de sites Internet luxembourgeois traités en tant que portails dans ce dossier à douze. Quelques constatations. Tout d'abord, presque tous sont adossés à de grands groupes : Editpress, Imprimerie Saint-Paul, Tango / Tele2,  Imprimerie Centrale, AdValvas, Dexia-BIL / EPT / IC / Le Foyer, RTL Group? Deux font exception, à savoir Spider.lu et Internet.lu. Ceci posé, les propriétaires de ces deux portails ne font pas de leur activité centrale, «vitale», l'animation et la rentabilisation du site. Si l'on compare la situation avec le «reste du monde », on constatera une certaine similitude. Conclusion' Internet est devenu un véritable business. Les moyens financiers nécessaires au développement d'une activité, si elle veut devenir rentable et non-anecdotique, sont tels que les indépendants sont devenus rares. Le soutien de partenaires puissants est essentiel.

Et les affaires, dans tout ça?

Si ces grands groupes plongent ainsi dans la grande bataille d'Internet, avec les moyens financiers qui sont les leurs, il doit bien y avoir une raison. Internet est à l'origine une histoire de passionnés. Aujourd'hui, bilan et compte de résultat gagnent en importance.

Quelles sont les sources de revenus?

Tout dépend du site concerné. Les fournisseurs d'accès ont une source de revenu propre : le reversement de l'EPT (Spider.lu et Internet.lu) pour les connexions générées, ou les versements «directs» des abonnés (Everyday.com).

A côté de cela, publicité (banners, sponsoring ?) et commerce électronique (commission sur les ventes, hosting des magasins?) sont les deux autres sources de revenus principales. Il est difficile d'aller au-delà de ces grands principes de revenus. De manière officielle ou officieuse, impossible d'obtenir en direct des chiffres d'affaires. A part les rumeurs qui ne valent pas grand chose, les états financiers des portails font partie des secrets les plus savoureusement gardés du Luxem-bourg' 

Coopérations et Partenariats

Une fois cela dit, le pays confirme son penchant pour les collaborations et coopérations diverses. Deux portails sont en fait des copropriétés? Spider.lu (GMS, mké et XYZ) et Luxsite.lu (Dexia-BIL / EPT / IC / Le Foyer). A côté de cela, le Wort propose son contenu chez Everyday, Internet.lu, Luxsite.lu (liste non exhaustive). L'Imprimerie Centrale, en plus de sa participation à Luxsite, soutient son propre portail. Luxsite ? encore ? est cité comme ?Partner site? sur la page d'accueil de Luxweb? Le web luxembourgeois des portails semble être en fait une grande famille? Sur Luxpoint, les apports d'AdValvas sont intégrés comme modules Luxpoint. L'appartenance au groupe n'est pas affichée.

A la recherche d'originalité

Cette «cosanguinité» peut poser problème. N'oublions pas que tous ces sites sont des entreprises commerciales. En tant que telles, elles doivent générer des recettes. Comme il a déjà été dit, ces recettes seront d'autant plus élevées que le portail aura développé la fidélité et l'assiduité de l'internaute. Il est probable qu'une trop grande uniformité de l'information et des services puisse poser des problèmes? D'où une obligatoire recherche de différenciation. Quelques exemples.

Spider.lu: si au moment de la rédaction la nouvelle version du site n'est pas mise en ligne, les projets tels qu'ils ont été annoncés font état de services nouveaux, potentiellement porteurs de différenciation (en fonction de l'accueil du public): adresses e-mail personnalisées, critiques de cinéma «inédites», sans compter les ?spidergirls?, le répertoire des restaurants?

Luxweb.lu: du fait de l'adossement à Editus, les renvois vers les pages jaunes et blanches créent un courant fort vers le site? Les «véritables» pages blanches? les autres sites sont réduits à renvoyer vers Editus?

Editpress: voici un groupe qui communique peu, mais qui agit? tageblatt.lu, mysports.lu, monsite.lu, maville.lu, achats.lu et les autres projets oubliés ou encore inconnus créent une véritable toile d'araignée (vive le web !) de sites complémentaires et parallèles. Le contenu est systématiquement issu de sociétés du groupe, ou de la contribution volontaire de l'internaute. Aucune collaboration n'étant visible avec d'autres sites, l'autonomie et la capacité de différenciation des sites du groupe semblent renforcées.

Ce ne sont ici que trois exemples, mais les multiples projets secrets (ceux que l'on connaît, que l'on soupçonne ou que l'on ignore) montre(ro)nt que tous sont conscients des défis à relever.

Il y a fort à parier que dans les mois à venir, les bouleversements seront nombreux. Entre la montée en puissance des acteurs nouvellement arrivés (everyday), le réveil d'anciens (rtl.lu), l'appétit féroce des «petits» (spider.lu) et tout ce genre de choses, le marché des portails luxembourgeois risque quelques fièvres?