ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Bande passante

Les géants du streaming doivent-ils payer leurs accès?



adobestock_161050175_cadobestock_metamorworks.jpeg

Les géants du streaming devront peut-être payer des taxes supplémentaires dans un avenir proche, en raison de leur surconsommation de bande passante. (Photo: Metamorworks)

Netflix et ses 130 millions d’abonnés consommeraient à eux seuls 15% de la bande passante mondiale! La question est donc posée par les fournisseurs d’accès: les plates-formes de streaming ne devraient-elles pas payer pour utiliser leurs réseaux?

Après la guerre des DRM, qui a agité la planète web il y a une quinzaine d’années, c’est au tour de l’engouement pour le streaming vidéo de générer des frictions entre les acteurs de l’internet.

Un conflit naissant oppose, d’un côté, les fournisseurs d’accès, qui consentent des investissements colossaux pour développer et améliorer leurs réseaux, et de l’autre, les plates-formes comme Netflix, Youtube ou Amazon Prime, qui font transiter gratuitement leurs contenus par ces tuyaux.

La grogne s’explique par la surconsommation de bande passante des géants du streaming. Le leader Netflix pèse ainsi pour 15% du trafic mondial, selon le rapport «The Global Internet Phenomena», publié par la société Sandvine (un équipementier réseau), quand Youtube représente 11,35% des échanges.

Plus récent, Amazon Prime Video compte déjà pour 3,7% de la consommation mondiale de bande passante. De façon plus globale, la part du streaming vidéo dans le trafic internet était estimée à 58% à la fin de l’année 2017.

Contribuer à l’entretien des réseaux et à la création audiovisuelle

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que les fournisseurs d’infrastructures réseau souhaitent mettre à contribution les spécialistes du streaming pour financer l’entretien des câbles qui courent au fond des océans et assurent le transport des données à travers le monde.

Le succès grandissant de Netflix et consorts pourrait d’ailleurs les obliger à acquitter certaines taxes supplémentaires, qu’il s’agisse de soutenir la production audiovisuelle ou d’amortir l’impact du streaming sur les vecteurs de diffusion traditionnels que sont le cinéma et la TV.