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10x6 Place financière

Les fonds dans un monde de taux bas



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Les intervenants, issus du monde de la finance, ont fait le point sur l’étendue des possibilités offertes dans ce vaste secteur aux investisseurs potentiels. (Photo: Anthony Dehez)

L’événement «10x6» du Paperjam Club de ce mardi était centré sur les stratégies de fonds d’investissement logés au Luxembourg. C’était l’occasion de découvrir la manière dont fonctionnent ces grosses machines financières dont on connaît souvent mal les rouages.

Luxembourg, terre de fonds d’investissement. Deuxième centre mondial après les États-Unis, premier en Europe, la place financière grand-ducale héberge plus de 4.000 fonds qui ont accumulé en septembre dernier plus de 4.000 milliards d’euros en gestion d’actifs.

Sur le thème «10 fonds, 10 stratégies», l’événement 10x6 du Paperjam Club de ce mardi 21 novembre visait à faire le point sur l’étendue des possibilités offertes dans ce vaste secteur aux investisseurs potentiels.

Il faut s’attendre à encore vivre dans un environnement de faibles taux pendant cinq à dix ans.

Cédric Van Kerrebroeck, business development manager Ethenea Independent Investors

Cedric Van Kerrebroeck

Le message d’emblée diffusé était très clair: «Les taux d’intérêt sont très bas. Ils vont probablement un peu remonter, mais il faut s’attendre à encore vivre dans un environnement de faibles taux pendant cinq à dix ans», selon Cédric Van Kerrebroeck d’Ethenea Independent Investors.

Dans le monde actuel, on doit prendre plus de risques.

Sanela Kevric, sales associate director Fidelity International 

Sanela Kevric

Sanela Kevric de Fidelity International enfonce le clou: «Un carnet d’épargne ne rapporte plus rien, si on n’a pas de chance, on doit même payer pour faire garder son argent.» Et donc? «Dans le monde actuel, on doit prendre plus de risques pour espérer un retour sur son investissement.»

Un investissement qui offre rendement et tranquillité, ça n’existe plus.

Olivier Brouwers, head of Benelux Retail Invesco

Olivier Brouwers

Olivier Brouwers d’Invesco Asset Management, citant une étude faite auprès d’investisseurs, note que la plupart d’entre eux recherchent premièrement la rentabilité et deuxièmement la tranquillité. «Avoir un investissement qui offre les deux, ça n’existe plus. Pour conserver son pouvoir d’achat, il faut prendre un minimum de risques», a-t-il insisté. Et selon lui, les solutions mises en place dans les fonds d’investissement visent quand même à garantir le maximum de sécurité à l’investisseur.

Les gens recherchent la sécurité.

Claude Ewen, sales director Columbia Threadneedle Investments

Claude Ewen

«Les gens recherchent effectivement la sécurité, mais dans un monde de taux bas, ce n’est pas facile de la leur garantir», convient à son tour Claude Ewen de Columbia Threadneedle Investments. Il mise de son côté sur les actions, mais de celles qui permettent de prendre le moins de risques possible, comme celles d’acteurs en position dominante ou du monde du luxe.

L’investisseur n’est pas rationnel.

Léon Kirch, chief investment officer European Capital Partners

Léon Kirch

Petit zoom sur le profil de l’investisseur. Léon Kirch de European Capital Partners note qu’il est «humain», qu’il se laisse guider par des humeurs, des tendances. «Les crises de ces 20 dernières années nous ont prouvé que l’investisseur n’est pas rationnel.»

80% de la volatilité sur les marchés s’explique par le côté émotionnel des investisseurs.

Kelly Hebert, responsable commerciale M&G Investments

Kelly Hebert

Une impression confirmée par une étude menée chez M&G Investments. Selon Kelly Hebert, responsable commerciale pour le Benelux, «80% de la volatilité sur les marchés s’explique par le côté émotionnel des investisseurs. Ils ont peur de perdre de l’argent.» Une donnée qui rend les pronostics d’évolution des marchés très compliqués, mais peut jouer en faveur de gestionnaires capables de miser sur les creux.

Nous misons beaucoup sur la stabilité des équipes.

Fabrice Neyroumande et Estelle Merger-Lévis, Schelcher Prince Gestion

Fabrice Neyroumande

De fait, au niveau des facteurs humains, l’expérience des gestionnaires joue un rôle également. «Nous misons beaucoup sur la stabilité des équipes pour assurer la performance de nos produits», confirment Estelle Merger-Lévis et Fabrice Neyroumande de Schelcher Prince Gestion.

Nous utilisons aussi nos cerveaux, cela reste très important.

Patrick Vander Eecken, cofondateur et associé-gérant Pure Capital

Patrick Vander Eecken

Patrick Vander Eecken de Pure Capital confirme lui aussi l’importance de l’expérience. «Pour mieux analyser la situation, nous étudions les données économiques de l’OCDE, qui sont très fiables, nous avons aussi recours à l’analyse quantitative, mais nous utilisons aussi nos cerveaux, cela reste très important.»

Nous devons avoir l’humilité de reconnaître qu’on ne peut pas prédire l’avenir.

Katrien Pottie, responsable commercial Amundi

Katrien Pottie

«Souvent, les investisseurs essaient de faire des prédictions, mais ils achètent quand c’est déjà cher et vendent quand c’est trop bas», analyse Katrien Pottie, d’Amundi AM Belgium. Pour elle, les règles d’or sont la patience et l’humilité. L’humilité de reconnaître qu’on ne peut pas prédire l’avenir et la patience face à des cours d’actions trop chers. Nous préférons attendre qu’ils redescendent, nous ne sommes jamais pressés.»

Le secteur de la robotique n’est pas si nouveau que l’on pourrait le croire.

Tom Riley, portfolio manager Axa Investment Managers

Tom Riley

Misant clairement sur les tendances du moment, Tom Riley d’Axa Investment Managers parle des opportunités d’investir dans les sociétés de robotique qui ont grimpé de 5% par an au cours des 30 dernières années. «Ce n’est pas si nouveau que l’on pourrait le croire», note-t-il. «De même, les acteurs dominants sont de toutes grosses sociétés alors que l’on a toujours l’impression d’être dans un monde de start-up.»