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Conférence Alfi

Les fonds alternatifs portés par le courant



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Denise Voss, présidente de l’Alfi, a pointé la forte progression des fonds alternatifs basés au Luxembourg. (Photo: Lala La Photo)

L’Alfi a fait le point sur l’évolution du secteur des fonds alternatifs dans le cadre de sa conférence de deux jours sur le sujet. Dans ses principaux segments, les progressions enregistrées sont de l’ordre de 20% sur un an.

Si l’industrie luxembourgeoise des fonds d’investissement poursuit sa progression – 4.279 milliards d’euros d’actifs sous gestion à la fin septembre –, elle le doit notamment à la bonne santé des fonds alternatifs. «Ils représentent désormais 700 millions d’euros, soit 16% du total», calcule Denise Voss, présidente de l’Alfi (Association luxembourgeoise des fonds d’investissement).

Ces 20 et 21 novembre, la fédération leur consacre un cycle de deux jours de conférence. Et cette année encore, l’Alfi Pere Conference a fait le plein avec quelque 670 personnes inscrites.

Pour étayer la bonne santé du secteur, différentes études ont été menées avec des partenaires sur les segments du private equity, de l’immobilier et des fonds de dettes. Des enquêtes qui ont fait apparaître des progressions intéressantes.

Progressions à deux chiffres

Dans le secteur des fonds de dettes, la progression a été de 23,5% entre mi-2017 et mi-2018 pour atteindre un montant de 49 milliards d’euros. «Ces chiffres prouvent à la fois l’intérêt croissant pour des financements hors du secteur bancaire et l’importance croissante du Luxembourg comme lieu de domiciliation des fonds alternatifs», commente David Capocci, responsable des fonds alternatifs chez KPMG Luxembourg.

Un choix qu’il explique par des retours sur investissement plus importants pour les investisseurs et les asset managers.

Dans les fonds immobiliers, la progression est également supérieure à 20%. À la fin du troisième trimestre 2018, le total des actifs sous gestion atteint 69,4 milliards d’euros, contre 56,2 fin 2017.

77% des fonds de real estate comptabilisés dans l’étude de l’Alfi investissent en Europe, 6,6% le font partout dans le monde et 7,9% dans la région Asie-Pacifique. «38% d’entre eux ont encore une stratégie multisecteur, mais la tendance est en diminution par rapport aux années précédentes», note Keith Burman, coprésident du sous-comité real estate de l’Alfi.

L’industrie du private equity bénéficie d’un réel alignement des planètes.

Arnaud Bon, director chez Deloitte Luxembourg

De son côté, Denise Voss pointe le succès du nouveau véhicule Fiar (Raif en anglais) qui permet une introduction commerciale plus rapide avec un contrôle minimum. 27 Fiar sont recensés dans les fonds immobiliers actuellement, contre seulement 15 l’an dernier.

Enfin, les fonds de private equity connaissent également une progression de 20% (120 millions d’actifs sous gestion) et il apparaît que de plus en plus de gros joueurs du secteur s’installent au Grand-Duché.

«L’industrie du private equity bénéficie d’un réel alignement des planètes actuellement au Luxembourg», constate Arnaud Bon, director chez Deloitte Luxembourg. «Tous les signes montrent que nous devrions encore connaître une croissance rapide du secteur.»