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LÉGISLATIVES 2018

Les enjeux des législatives détaillés en graphiques



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(Crédit: Studio Maison Moderne)

Quels sont les fiefs des principales forces politiques? Quelle est l’évolution des rapports de force au cours des dernières élections? Qui sont les politiques les plus populaies? Réponses à ces questions en chiffres.

Principale force politique du pays, le CSV se retrouve, depuis 2013, dans l’opposition. Pour la deuxième fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, après la législature 1974-1979 dirigée par une coalition DP-LSAP. Pourtant, que ce soit en nombre de suffrages exprimés ou en pourcentage de votes, les chrétiens-sociaux étaient arrivés en tête dans la plupart des communes du pays. Le parti ayant recueilli entre 25,77% à Dudelange et 43,33% à Bous.

À l’inverse, les trois partis de l’actuelle coalition gouvernementale possèdent des fiefs bien déterminés. Principalement les communes du Sud pour le LSAP; la capitale et ses environs, ainsi qu’une partie de la Nordstad pour le DP, et les communes de l’Est du pays pour Déi Gréng.

Les deux autres partis représentés à la Chambre, l’ADR et Déi Lénk, possèdent un électorat plus restreint et inégalement réparti. Principalement dans le Sud et le Centre pour l’ADR, et dans le Sud pour Déi Lénk.

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Cette répartition se retrouve donc sans surprise dans la représentativité à la Chambre, le CSV restant la force politique la mieux représentée en termes de sièges. 8 étant issus du Sud, 8 autres du Centre, 4 du Nord, et 3 de l’Est. Soit un total de 23 sièges. Contre 13 pour le DP et le LSAP, 6 pour Déi Gréng, 3 pour l’ADR et 2 pour Déi Lénk.

Particularité du système luxembourgeois, les électeurs peuvent non seulement voter pour une liste entière, mais aussi par panachage. D’où des campagnes particulièrement centrées sur les candidats plutôt que des slogans de campagne. En 2013, les chouchous des électeurs n’étaient autres que Jean-Claude Juncker (CSV), Jean Asselborn (LSAP) et Xavier Bettel (DP). À noter que sur les 10 personnalités les mieux élues, sept se présentaient sous les couleurs des chrétiens-sociaux.

Ce qui est vrai au niveau national se vérifie également dans les quatre circonscriptions. Dans le Nord, si Charles Goerens (DP) a été le mieux élu, il devance quatre élus CSV, deux socialistes et deux autres libéraux.

Dans l’Est, Françoise Hetto-Gaasch (CSV) devance Octavie Modert (CSV) et Léon Gloden (CSV). Tous ayant obtenu plus de 10.000 suffrages chacun. Les candidats des autres partis oscillent entre 5.000 et 7.100 voix.

Au Centre, Xavier Bettel (DP) avait devancé, en 2013, non seulement Luc Frieden et Claude Wiseler (CSV), mais aussi Étienne Schneider (LSAP). Sur les 10 personnalités les mieux élues figuraient deux femmes, Diane Adehm (CSV) et Lydie Polfer (DP).

Dans le Sud, les suffrages se sont majoritairement répartis entre chrétiens-sociaux et socialistes, Jean-Claude Juncker ayant été, de loin, la personnalité la mieux élue. Devant Jean Asselborn et Mars Di Bartolomeo (LSAP).

Si, entre 1979 et 2013, le CSV s’est retrouvé au pouvoir de manière ininterrompue, alternant les alliances avec les socialistes ou avec les libéraux comme junior partners, la donne a changé lors des dernières élections législatives. Du fait non pas d’un affaiblissement majeur du parti – 23 sièges en 2013, contre 19 en 1999 –, mais de la volonté du DP, du LSAP et de Déi Gréng de tourner la page de l’ère Juncker. Ce dernier était Premier ministre depuis 1995. À eux trois, ils détiennent une majorité de 32 sièges sur les 60 disponibles.

Pour ces législatives, outre les enjeux personnels, l’évolution des rapports de force sera au cœur des interrogations. Notamment autour du futur poids électoral du LSAP, en lente érosion depuis 1945. Si le parti avait obtenu 21 sièges lors des élections de 1964 – contre 22 pour le CSV dans une Chambre à 56 députés –, il en avait obtenu 13 sur 60 en 2013, comme en 2009 et en 1999. Soit son score historiquement le plus bas. Les chrétiens-sociaux, de leur côté, ont quasiment toujours décroché plus de 20 mandats – à l’exception de 1974 et 1999, deux années où le DP obtenait 15 députés.