COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

paperJam Business Club

Les DRH au cœur de la stratégie de l’entreprise



La troisième soirée 10X6 consacrée aux ressources humaines a mis en lumière le rôle central des DRH et dans la (trans)formation de l’entreprise.

La 6e saison du paperJam Business Club s’est clôturée ce lundi 30 juin aux établissements Namur par une soirée 10X6 consacrée aux ressources humaines.

Cette troisième session du genre a permis de mettre en lumière différentes bonnes pratiques des professionnels face à des défis aussi variés que la gestion d’une fusion, la nécessité de répondre aux changements du marché ou l’impérieuse question budgétaire.

Un agenda chargé qui a valu les encouragements du parrain de la soirée, Nicolas Schmit. «Le DRH occupe une position stratégique et il faut la valoriser, car il est responsable de la gestion du capital le plus précieux, surtout pour des entreprises de services, le capital humain», a ajouté le ministre (LSAP) du Travail et de l'Emploi.

En mode collaboratif

Et les témoignages qui ont suivi ont clairement illustré le changement de paradigme entourant la fonction de DRH, passant du support (recrutement, gestion, plans de formation) à un appui stratégique à la direction.

Cette mutation ne va cependant pas de soi et se gagne à force de persuasion par l’action, comme l’ont illustré Stéphanie Blaise (directrice administrative adjointe aux Hôpitaux Robert Schuman) et Julien Bossu (responsable ressources humaines, CDCL), tous deux aux prises avec des fusions et une nouvelle stratégie à mettre en place.

Un contexte qu’a aussi expérimenté SES via l’intégration de trois sociétés en l’espace de quelques années qui ont formé le géant mondial des satellites. Ici, c’est le mode du jeu (ou «gamification») qui a été choisi, avec succès, a indiqué Brian Mengwasser, en charge des projets d’innovation.

Une population en mouvement

Ces nouvelles approches sont forcément liées à une évolution de la société. Notamment quant à l’émergence de nouveaux canaux de communication, en l’occurrence les réseaux sociaux, et qui aboutissent à la création de communautés.

«Les réseaux sociaux ont modifié l’exercice de l’entretien, car celui-ci commence désormais bien avant la rencontre physique», a observé Delphine Berlemont, directrice RH chez Deloitte Luxembourg. En ajoutant que les «réseaux sociaux ont en partie transformé le processus de recrutement, mais que l’humain ne peut être totalement dématérialisé».

Outre la communication, les DRH doivent aussi composer avec les valeurs défendues par les employés. Et Sybil Persson, directrice de l'ecole de coaching ICN Business School, a détaillé ce qu’elle estime être les cinq piliers pour permettre «à sa pratique professionnelle de respirer, mais aussi celle des personnes que l’on accompagne»: réguler son effort, savoir digérer les blessures du travail, renoncer à l’excellence, trouver un équilibre entre vie privée et professionnelle et récolter les fruits de son travail sur la durée.

Enjeux immédiats, objectifs sur le long terme

Il n’empêche, les DRH doivent constamment alterner les défis à long terme avec les impératifs du quotidien. Dont le droit du travail. Une matière complexe qu’a abordée Me Christian Jungers, avocat au sein de l’étude Kleyr Grasso.

Les notions budgétaires sont aussi synonymes d’échéances à court terme. D’où la question, «comment faire plus avec moins», posée par Mélanie Robert, HR country manager à la BNY Mellon.

Les changements internes au secteur bancaire ont aussi concerné au premier chef les responsables du recrutement et de la formation, afin d’atteindre une nouvelle clientèle, celle des plus fortunés. Un pari réussi en l’espace de deux ans, selon Pascal Meier, managing partner d’Édouard Franklin.

Une feuille blanche

«Miser sur le capital humain en partant de l’intérieur de l’entreprise» semble donc demeurer un conseil pour les DRH et, plus largement, les dirigeants. Ce conseil préconisé par Charles Margue, directeur de recherche chez TNS-Ilres, complète la vision de Philippe Valoggia (ingénieur R&D au CRP Henri Tudor) à l’égard de l’économie numérique: «Le changement ne se prescrit pas, tout est à inventer, nous avons encore la possibilité de mobiliser les énergies pour inventer les stratégies de demain.»

Une matière à réflexion pour une économie orientée vers la connaissance comme l’est de plus en plus celle du Luxembourg et des défis qui seront certainement abordés lors d’une soirée 10X6 RH organisée en 2015, cette fois autour de la prochaine génération de collaborateurs.

D’ici là, le paperJam2 de juillet-août aura permis à ses lecteurs de prolonger les débats au fil d’un dossier à paraître ce jeudi 3 juillet.