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Les démocrates du Grand-Duché heureux de leur victoire



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Will Bakker est évidemment très heureux des résultats obtenus par son parti. (Photo: Twitter/DPCA)

Will Bakker, secrétaire du Democratic Party Committee Abroad à Luxembourg, a suivi le déroulement des élections de mi-mandat durant toute la nuit. La victoire de son camp a fait s’envoler toute sa fatigue.

Moment important de la vie politique américaine, les élections de mi-mandat (midterms) ont évidemment été suivies de près par les expatriés au Luxembourg. Ce mercredi matin, il était acquis que les démocrates avaient repris la majorité à la Chambre et pris aux républicains un certain nombre de postes de gouverneur (tous les résultats ne sont pas encore connus). «J’ai suivi les élections une partie de la nuit et je me suis levé très tôt pour découvrir les résultats», confie à Paperjam Will Bakker, secrétaire du Democratic Party Committee Abroad. «Mais cela en valait la peine.»

Au moins deux éléments, poursuit-il, font que «c’est évidemment une très belle journée qui commence pour les démocrates».

Une politique moins radicale

En premier lieu, il y a évidemment la majorité conquise à la Chambre alors qu’il s’agissait de renouveler tous les députés. «Au cours des deux dernières années, nous sommes passés par différents états d’esprit. Il était très douloureux de voir les choses évoluer sans avoir de prise dessus. La Chambre dispose notamment d’un grand pouvoir d’investigation.» On pourrait donc assister, comme l’a indiqué le New York Times, à une vague «d’auditions, citations à comparaître et enquêtes sur presque chaque recoin de l’administration Trump». Même si une destitution demeure presque inimaginable, le Sénat restant républicain. Mais pour Will Bakker, cela va aussi surtout contribuer à la mise en place «d’une politique moins radicale».

Un tiers du Sénat ne représente pas tout le pays.

Will Bakker

En second lieu, Will Bakker estime qu’un signal fort a été lancé par les Américains. «Les démocrates ont dit ne plus vouloir laisser faire Trump et les électeurs ont répondu ‘ok’. C’est donc un grand changement. Durant deux ans, on va avoir un pays divisé, avec une vraie opposition.» Beaucoup estiment qu’il était temps que cela arrive. «Moi, j’aurais aimé que les républicains ne contrôlent jamais l’ensemble», commente Will Bakker.

Donald Trump peut souffler

Même le fait que le Sénat reste dominé par les républicains ne parvient pas à lui faire perdre le sourire. «Il s’agissait de renouveler seulement un tiers du Sénat. Et pour nous, démocrates, la tâche était très difficile, car les sénateurs en course venaient d’États plutôt républicains. Ce tiers du Sénat ne représente pas tout le pays, évidemment. Nous avions de grands espoirs pour certains candidats et en général, ceux-là se sont imposés. Pas tous, c’est vrai. Mais on peut être heureux de notre résultat.» Le président Trump peut en tout cas souffler. Pour qu’une procédure de destitution («impeachment») aboutisse, il est nécessaire de réunir deux tiers des sénateurs. Inimaginable dans la configuration actuelle. 

Le parti démocrate estime néanmoins avoir remporté une première bataille. Qui doit lui servir pour, dans deux ans, revenir à la Maison Blanche.