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Fête du travail

Les défis sociaux de la digitalisation



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«Nous avons augmenté l’an dernier le nombre de nos membres de 2.000 en chiffres nets et de 4.700 en chiffres bruts. C’est un record par rapport aux 20 dernières années» déclare avec satisfaction Patrick Dury. (Photo: Maison moderne / archives)

Plaçant la fête du 1er mai sous le slogan «Aujourd’hui c’est demain», le LCGB met l’accent sur les changements rapides qui affectent le monde du travail et achève ses préparatifs pour les élections sociales de 2019.

«Nous avons augmenté l’an dernier le nombre de nos membres de 2.000 en chiffres nets et de 4.700 en chiffres bruts. C’est un record par rapport aux 20 dernières années», constate avec satisfaction Patrick Dury, président du LCGB, au cours d’un entretien accordé à Paperjam vendredi.

Le syndicat chrétien, qui est en train de préparer les élections sociales de l’an prochain, a rajeuni son équipe et renforcé ses activités de consultation sociale. «Nous ne nous engageons pas contre quelqu’un, mais en faveur de nos idées», déclare ainsi Patrick Dury pour résumer l’approche du LCGB.

Ce dernier compte appliquer la même stratégie pour les élections législatives de ce mois d’octobre. «Le LCGB maintient ses distances et préfère discuter des dossiers», explique Patrick Dury. «Bien entendu, la politique n’est pas neutre et tout syndicat a une activité politique par définition, mais nous ne souhaitons pas nous engager dans la politique politicienne. D’ailleurs, aucun d’entre nous ne se présente sur une liste électorale. Nous nous concentrons sur notre travail et ne voulons pas d’autre charge.» Ce discours tranche avec certains de ses prédécesseurs qui, dans le passé, n’hésitaient pas à se lancer dans la bataille dans les rangs du CSV, traditionnellement le parti le plus proche du LCGB.

Droit à la formation continue

Parmi les sujets qui préoccupent le syndicat figure la digitalisation et ses conséquences sur les postes de travail. Le progrès technique et économique, tel qu’il figure notamment dans le rapport Rifkin, n’est pas sans conséquence sur le volet social. Patrick Dury mentionne ainsi le télétravail et s’inquiète du risque que certaines activités humaines soient remplacées à l’avenir par des plateformes virtuelles. Des répercussions sont aussi à craindre au niveau de la sécurité sociale. 

La protection des données est un autre cheval de bataille du LCGB, son président estimant que les règlements européens et les directives doivent être correctement appliqués de manière à éviter que le salarié ne soit en permanence placé sous surveillance. La digitalisation soulève aussi la question de la formation. «Chaque salarié a un droit à la formation continue», relève Patrick Dury, qui revendique des plans de formation qui seraient élaborés en concertation avec les délégations du personnel au sein même des entreprises.

Nous voulons d’autres instruments.

Patrick Dury, président du LCGB

D’autres thèmes seront aussi mis en avant par le LCGB dans les semaines et les mois à venir, à commencer par la protection du salarié au cours de son existence. C’est notamment le cas en matière de santé, comme l’illustre la discussion récente autour de la prolongation du congé maladie à 78 semaines. Mais la question se pose aussi par rapport au chômage, dont le taux est trop élevé par rapport au développement qu’on observe au niveau des créations d’emploi, selon Patrick Dury. De même, le chômage de longue durée demeure un casse-tête en raison de la difficulté à caser les salariés de plus de 45 ans à la recherche d’un emploi. «Nous voulons d’autres instruments», précise le syndicaliste, qui suggère de recourir à des travaux d’utilité publique pour les personnes qu’il n’est plus possible de réintégrer sur le marché habituel du travail. 

D’autres revendications du LCGB portent notamment sur les améliorations à apporter à la dernière réforme de l’assurance-dépendance, sur l’introduction du tiers payant généralisé qui se heurte à l’opposition du corps médical ou sur les traitements dentaires et les prestations chez l’opticien.

Flexibilité du travail

Quant au droit du travail, le LCGB milite pour un droit au temps partiel avec la possibilité de revenir ensuite à un temps plein, un aspect qui a une importance particulière pour les familles monoparentales, souligne Patrick Dury. Il plaide par ailleurs pour de nouveaux modèles «à discuter dans les entreprises» en attendant de les intégrer dans un cadre légal. 

Un autre souci concerne la différence de traitement qui existe entre secteurs public et privé, par exemple en matière de compte épargne-temps où les fonctionnaires disposent de conditions plus favorables. Le LCGB souhaite aussi mettre fin aux différences de traitement entre résidents et non-résidents, notamment dans les domaines des bourses d’études ou dans le cas des couples mariés frontaliers qui, en matière d’imposition, ne bénéficient pas des avantages de la classe 2. 

Une adaptation des montants au niveau des allocations familiales et la nécessité de fixer un cadre légal plus attractif pour les heures d’ouverture des commerces font également partie du catalogue de revendications du syndicat chrétien.