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Statistiques européennes

Les brasseurs luxembourgeois ratent l'embellie



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La production de bière au Luxembourg est en baisse depuis plusieurs années. (Photo: Gaël Lesure / archives)

Si l’année 2014 a été meilleure pour les brasseurs européens, au Luxembourg la tendance est restée négative. Pourtant, le pays se distingue avec une consommation par habitant et par an de 83 litres qui le place au sixième rang des 28.

Avec un total de 384,27 millions d’hectolitres produits au niveau des brasseries de l’Union européenne, le secteur de la bière a connu un léger regain en 2014 par rapport à l’année précédente. Un sursaut confirmé par la publication des statistiques de la fédération européenne Brewers of Europe, qu’il faudra toutefois confirmer sur les prochains exercices pour casser une tendance négative au cours des dernières années.

Dans le secteur, le Luxembourg reste un petit acteur, sa production atteignant 271.000 hectos l’an dernier. Soit l’avant-dernière place du classement, avant Malte. Et chez nous, pas de progression constatée. En 2010, le montant était de 310.000 hectos et il n’a plus été atteint depuis.

«Effectivement, la production chute depuis une quinzaine d’années, constate Georges Lentz, administrateur délégué de la Brasserie nationale (Bofferding). La consommation se déplace des cafés vers la maison où les gens boivent moins.» Et selon lui, les chiffres de 2014 ont souffert de l’interdiction de fumer dans les établissements horesca.

En 2015, le secteur a pris un nouveau coup sur la tête avec le passage de la TVA sur les boissons alcoolisées de 3% à 17% dans les cafés et restaurants. Une nouvelle catastrophe en vue? «Cette année, nous avons profité d’un bel été qui devrait amortir le choc, sans cela ça n’aurait pas été facile», observe le patron de Bofferding.

Un bel été qui devrait amortir le choc.

George Lentz, administrateur délégué Brasserie nationale

Le pays se distingue par contre au niveau de la consommation par habitant. Avec une moyenne de 83 litres par an et par habitant, il occupe le sixième rang européen après l’intouchable République tchèque (144 litres), l’Allemagne (107), l’Autriche (104), la Pologne (98) et la Lithuanie (95).

En outre, le Luxembourg boit plus qu’il ne produit. L’an dernier, la consommation a atteint 308.000 hectos. Un chiffre également en baisse (320.000 hectos en 2009). Et si les produits étrangers ont été introduits dans le pays à raison de 180.000 hectos en 2014, les brasseurs luxembourgeois ont, eux, vendu un peu moins d’un quart de la production totale (63.000 hectolitres) hors du pays.

Mais à ce niveau, les statistiques sont probablement biaisées, une part importante des importations de bières étrangères repassant à nouveau la frontière en sens inverse.

Inflation de brasseries

Au niveau européen, un autre phénomène intéressant est l’augmentation spectaculaire du nombre de brasseries. Un phénomène lié à l’explosion des micro-brasseries (parfois limitées à un établissement). En 2014, la fédération recense 6.522 brasseries (5.600 en 2013) dont 4.459 microbrasseries.

Au Grand-Duché, le nombre total de brasseries en activité est de 7, dont 3 micro-brasseries selon la fédération européenne. «Il en existe peut-être même un peu plus, estime Georges Lentz. Ensemble, ils atteignent des scores de 3 à 4.000 hectos en production, ce qui est déjà significatif.» Quant à l’emploi direct dans le secteur brassicole luxembourgeois, il reste stable à 130 unités.