ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

Bilan 2016

Les belles années de l’immobilier se poursuivent



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Pour Vincent Bechet, l’arrivée massive d’acteurs de la City risquerait de faire grimper les prix. (Photo: Mike Zenari / archives)

L’agence immobilière Inowai a dressé son bilan de l’année 2016 pour le marché immobilier luxembourgeois. Elle observe que les tendances ascendantes des années précédentes se poursuivent. Une arrivée massive des acteurs de la City après le Brexit ne ferait qu’accentuer cette flambée des prix.

Si l’on considère que la brique et le béton sont les témoins de l’état de santé d’une économie, c’est l’image d’un Luxembourg toujours triomphant qu’a laissé transparaître ce jeudi l’équipe de l’agent immobilier Inowai lors de sa conférence annuelle. Le montant total des investissements, qui a atteint 1,35 milliard d’euros en 2016, montre que le pays attire toujours les investisseurs… malgré la fin du secret bancaire.

«C’est la troisième année consécutive que la barre du milliard est franchie», observe Tehdi Babigeon, head of business development. La progression moyenne est de 170 millions par an. Pour 2017, ses premiers calculs laissent déjà entendre que les belles années ne sont pas terminées. «Le pipeline est plus important cette année qu’en 2016 à la même époque.»

L’attrait solide du bureau

Quatre opérations sur cinq concernent l’immobilier de bureau, qui se rapproche d’un stock global de 4 millions de mètres carrés. Il est de 3,852 millions à la fin 2016. «Les nouvelles livraisons devraient être assez limitées cette année», note toutefois Julien Pillot, head of office agency, qui avance le chiffre de 70.000m2.

Au niveau de la location (take-up), les différents acteurs de la Place ont signé des transactions pour un total de 216.000m2, ce qui fait là aussi une troisième année au-dessus des 200.000m2. «Si l’on soustrait les surfaces retirées du marché, on obtient un take-up net de 103.000m2», a calculé le responsable du marché des bureaux. «Pour deux mètres carrés loués, il y en a donc chaque fois un qui se libère.»

Il constate encore un taux de vacance de 5,39% qui correspond à 207.000m2, soit la moyenne d’une année pour le marché locatif, sans nouvelles livraisons. Message caché: il ne sert à rien de vouloir attirer tous les financiers de la City vers le Luxembourg après le Brexit, le marché ne pourrait pas les absorber.

Pour la première fois, on observe des difficultés à louer certains biens.

Jean-Nicolas Montrieux, partner et head of residential

C’est également vrai pour le marché résidentiel qui poursuit son ascension. «Au cours des trois premiers trimestres de l’année 2016, les prix ont encore augmenté entre 6% et 7%, c’est la hausse la plus forte depuis 2013», note Jean-Nicolas Montrieux, partner et head of residential.

Le phénomène est similaire pour le marché locatif avec des hausses de loyers de 5,74% en moyenne observées sur Luxembourg-ville (2,24% en 2015). «Même si le marché reste très solide, pour la première fois, on observe des difficultés à louer certains biens. On atteint peut-être des limites par rapport à ce que des locataires peuvent payer», soupçonne le responsable du résidentiel chez Inowai.

Pour Vincent Bechet, managing partner d’Inowai, c’est à nouveau la preuve qu’il ne faut pas trop insister pour attirer les acteurs de la City. «Un afflux massif éventuel provoquerait une nouvelle poussée sur les prix.»