PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Alfi global distribution conference

L’ère Trump favorable aux fonds européens?



Christopher Christian voit des opportunités pour la collecte de capitaux dans l'Amérique de Trump. (Photo: Marion Dessard)

Christopher Christian voit des opportunités pour la collecte de capitaux dans l'Amérique de Trump. (Photo: Marion Dessard)

Invité à la conférence de l’Alfi, Christopher Christian voit pour le monde de la finance des raisons de se réjouir de l’ère Trump. Il estime en effet que l’accès aux capitaux américains sera facilité pour les asset managers européens.

Pour la deuxième journée de sa conférence annuelle sur la distribution de fonds, l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement avait convié un invité extrêmement attendu. Partner au service financier du cabinet d’avocats américain Dechert, Christopher D. Christian a fait part à l’auditoire de sa vision des possibilités encore offertes à l’industrie des fonds sous l’ère Trump.

Et, étonnamment, l’orateur s’est montré relativement optimiste pour les acteurs européens. Selon lui, le discours protectionniste du président américain vise le commerce et les migrations, mais peut-être pas les mouvements de capitaux. «Nous devrions voir plus de nouvelles règles pour favoriser l’accès aux capitaux sous cette administration que sous la précédente», observe M. Christian.

Il insiste d’ailleurs sur le fait que l’accès aux marchés américains des capitaux devrait être facilité pour les asset managers européens. Une bonne nouvelle dans la mesure où il s’agit du plus important marché au monde avec un poids actuel de 44.000 milliards de dollars d’actifs sous gestion dans des fonds.

Les 2.500 pages [de la loi Dodd-Frank] ne resteront pas intactes.

Christopher Christian, Dechert

Son optimisme relatif, Christopher Christian va le chercher dans la récente nomination de Jay Clayton, un avocat de Wall Street, à la tête de la Sec, le régulateur américain de la finance. Il pense que celui-ci va s’attaquer aux mesures de l’imposante loi Dodd-Frank, qui vise depuis 2010 à mieux contrôler l’activité du secteur financier. «Les 2.500 pages de cette législation ne resteront pas intactes sous Jay Clayton», lance-t-il.

Il met pourtant des bémols a l’enthousiasme envoyé à la face des asset managers présents ce mercredi au centre des Congrès. Parce que, si le marché américain est le plus important, il est aussi le plus mature et le plus saturé. Il faudra donc veiller à être bien armé pour l’aborder.