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Commission européenne

L’équipe Juncker sera-t-elle complète à temps?



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Jean-Claude Juncker est satisfait de l'entretien d'embauche avec Violeta Bulc. Il souhaite l'intégrer vite à sa Commission. (Photo: PPE/Twitter)

Le président luxembourgeois, élu mais pas encore en place, demande aux États d'actualiser la liste des commissaires désignés avec le nom de la candidate slovène, Violeta Bulc. Le temps presse pour valider l’équipe dans les délais impartis.

Jean-Claude Juncker, qui était présent mardi à Luxembourg, et notamment à la Chambre des députés pour le discours introductif à la séance budgétaire de son successeur Xavier Bettel, a repris sa casquette de président élu de la Commission européenne, toujours occupé à essayer de valider son équipe. Dans un communiqué diffusé mardi soir, il a annoncé vouloir intégrer la candidate slovène, Violeta Bulc.

«Je demande au conseil d'actualiser la liste des commissaires désignés», a-t-il fait savoir, à l'issue d'un entretien avec la candidate de la Slovénie, un test jugé «excellent». Pour rappel, la procédure prévoit que les États doivent donner leur aval par écrit. Et l'unanimité est requise. En cas de blocage, un vote serait nécessaire.

Violeta Bulc, 50 ans, est néophyte en politique, mais est issue du monde de l’entreprise et assumait depuis septembre les fonctions de vice-Première ministre chargée du Développement dans le gouvernement slovène. Elle a été désignée pour remplacer Alenka Bratusek, l'ex-Première ministre libérale: pressentie pour le poste de vice-présidente de la Commission, en charge de l’énergie dans l'équipe Juncker, elle a été recalée par le Parlement européen.

En revanche, Mme Bulc n'hériterait pas du même portefeuille. Jean-Claude Juncker voudrait «switcher»: le Slovaque Maros Sefcovic recevrait l’énergie et céderait les transports à la nouvelle arrivante slovène.

Le spectre du bouclage

Derrière ces manœuvres politiques, le spectre de la deadline pour la Commission Juncker ne s’est pas éloigné. Selon un porte-parole du président luxembourgeois désigné, cité par les agences, «il n'est pas possible d'affirmer avec certitude que la Commission européenne dirigée par M.Juncker pourra entrer en fonctions le 3 novembre». Le calendrier reste fixé mais il laisse très peu de marge. Le vote d'investiture par le Parlement européen est programmé au 22 octobre, en session plénière à Strasbourg. La réunion des dirigeants européens suivra, les 23 et 24 octobre, à Bruxelles.

C’est court, pour avoir l'accord des États membres et permettre l'audition de Mme Bulc par le Parlement européen, sachant que cette étape s’est révélée périlleuse à boucler pour plus d’un candidat commissaire, malgré davantage de temps pour se préparer.

Comme on le rappelle à Bruxelles, et comme le laisse entendre Juncker qui met à son tour la pression sur les États, un retard dans la mise en place de la nouvelle Commission aurait des répercussions sur les priorités avancées, la mise en œuvre des programmes risquant d’être, du même coup, postposée. Or la priorité absolue demeure la croissance économique et le plan d'investissement de 300 milliards d'euros, promis par le président luxembourgeois.