POLITIQUE & INSTITUTIONS

Étude

L’égalité des genres pourrait booster l’économie



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Davantage de femmes dans les filières techniques de l’éducation pourrait entraîner une hausse du taux d’emploi dans l’Union européenne, estime l’Eige. (Photo: DR)

En termes d’emplois, de croissance et de productivité, l’Union européenne en général et le Luxembourg en particulier ont tout à gagner d’un meilleur équilibre entre hommes et femmes, révèle une étude de l’Institut européen pour l’égalité des genres.

Promouvoir l’égalité des genres et des chances ne peut avoir que des effets positifs sur les individus et la société dans son ensemble. En Europe, une meilleure égalité entre hommes et femmes serait synonyme d’une croissance positive dans le temps, d’un haut niveau d’emploi et d’une productivité plus importante.

Telles sont les principales conclusions d’une étude sur les bénéfices économiques d’une meilleure représentation entre hommes et femmes que publie ce mercredi 8 mars – à l’occasion de la Journée internationale de la femme – l’Institut européen pour l’égalité des genres (Eige).

Elle démontre les effets positifs qu’aurait cette réduction des inégalités, notamment au niveau de l’éducation – dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques –, du marché du travail et des salaires.

Plus de 10 millions d’emplois à créer

Selon l’Eige, si les femmes étaient mieux représentées au niveau de l’éducation des sciences et des technologies ainsi que du marché du travail, cela pourrait entraîner une progression du taux d’emploi dans l’Union européenne de 0,5% à 0,8% d’ici 2030 et de 2,1% à 3,5% d’ici 2050.

À cette dernière date, si l’égalité des genres était encouragée, le taux d’emploi de l’Union européenne pourrait pratiquement atteindre 80%, contre 76% si la situation actuelle ne connaissait pas d’amélioration.

Dans un scénario d’amélioration «rapide» de cette situation qui prévaut aujourd’hui, l’Eige considère que ce sont 10,5 millions d’emplois supplémentaires – soit l’équivalent de la population active des Pays-Bas – qui pourraient être créés en Europe d’ici 2050, dont 70% seraient occupés par des femmes.

Réduire la pauvreté

Pour l’Institut européen pour l’égalité des genres, cela pourrait notamment conduire à réduire la pauvreté en Europe puisque, comme l’ont démontré plusieurs études, les femmes sont généralement plus touchées par celle-ci du fait de perspectives d’emploi et de salaire inférieures à celles des hommes.

En dehors de ce volet formation et emploi, l’étude de l’Eige souligne également que l’amélioration de l’égalité des sexes conduirait à une augmentation de 6,1% à 9,6% du produit intérieur brut (PIB) par habitant de l’Union européenne d’ici 2050.

«Promouvoir l’égalité entre les genres est donc une mesure politique aussi pertinente – sinon plus – que celles prises en matière d’emploi et de marché du travail pour favoriser la croissance économique», relève ainsi l’institut.

Jusqu’à +14% de PIB au Luxembourg

Toutefois, selon les écarts de genre aujourd’hui constatés à travers les différents États membres de l’Union européenne, certain auraient plus à gagner que d’autres en termes de croissance.

En fonction de la priorité qu’ils font de l’égalité des genres – faible, moyenne ou forte – ils ont été classés en trois groupes, le Luxembourg – moyennement concerné – figurant dans le second avec notamment l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Lettonie ou encore Malte.

Toujours selon un scénario d’amélioration rapide, un meilleur équilibre entre les genres devrait permettre à ces pays, et donc au Grand-Duché de progresser en termes de PIB national de plus de 4% d’ici 2030 et de plus de 14% à l’horizon 2050.

Une balance mieux équilibrée

À ces avantages en matière d’emploi et de croissance, l’Eige ajoute encore qu’une meilleure égalité des genres pourrait conduire à une augmentation de la capacité de production potentielle de l’économie européenne et à une baisse des prix.

«L’Union européenne pourrait devenir plus compétitive sur les marchés internationaux avec une amélioration de sa balance commerciale par des exportations en hausse de 1,6% à 2,3% et des importations en baisse de 0,4% à 0,7% d’ici 2050», indique encore l’institut.