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«L’effort du Luxembourg» salué par Hollande



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François Hollande ne s’est pas prononcé sur la fermeture de la centrale de Cattenom. (Photo: Christophe Olinger)

Le président français et le Premier ministre luxembourgeois se sont exprimés sur les dossiers bilatéraux face à la presse. Les projets d’infrastructures, dont l’A31 bis, feront l’objet d’une conférence interministérielle. François Hollande a salué les efforts du Luxembourg en matière de fiscalité.

Rappelant, comme il l’avait fait en l’accueillant quelques heures plus tôt, l’engagement de la France et de l’Allemagne dans le dossier ukrainien, Xavier Bettel n’a pas esquivé la question de la centrale nucléaire de Cattenom à l’heure de la conférence de presse.

Le Premier ministre luxembourgeois et le président français, réunis face aux journalistes, ont évoqué à tour de rôle le futur de la centrale nucléaire dans le contexte du plan national français qui vise à réduire, d’ici 2015, de 50% la part du nucléaire dans le mix énergétique.

«La situation de la centrale n’est pas uniquement un problème français», a indiqué Xavier Bettel en ajoutant que si un choix se présentait (de fermeture) sur Cattenom, il «ferait plaisir aux voisins luxembourgeois.» François Hollande ne s’est en revanche pas prononcé sur la fermeture de la centrale, mais garde en tête la date de 2025 pour faire des choix en lien avec l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

«Un pays en évolution»

Sur le terrain économique, François Hollande qui doit signer deux accords de collaboration avec SES a estimé que «le spatial fait partie de la réussite européenne», au même titre que Esch-Belval où le président se rend aussi cet après-midi.

Vieux serpent de mer, le dossier de l’A31 bis semble relancé, du moins sur le terrain des intentions. François Hollande veut «passer à l’acte» en matière d’infrastructures ferroviaires et routières qui feront l’objet d’une conférence intergouvernementale en mai.

«Il serait réducteur de croire que le Luxembourg n’est que ça», a lancé Xavier Bettel en réponse à une question d’un journaliste français sur les pratiques fiscales (anciennes) du Luxembourg. Rappelant qu’il était entré en fonction en décembre 2013, le Premier ministre a défendu un pays en mouvement, dont le premier employeur est ArcelorMittal. Et d’ajouter que son gouvernement ne sera pas celui d’un pays où des choses qui se font sont interdites ailleurs.

«Il y a eu cet effort et il donne des résultats, car le Luxembourg va permettre de passer à l’échange automatique d’informations dès 2017», a souligné François Hollande. «Et je voudrais prévenir les contribuables qu’ils se mettent au service de l’administration fiscale de leur pays parce que tout sera connu.»

Saluant l’engagement du Luxembourg sur le terrain fiscal, François Hollande a reconnu que sa stratégie donnait des résultats et que son passage à l’échange automatique d’informations allait plus vite que dans d’autres pays: «Il y a un chemin sur lequel le Luxembourg s'est engagé de manière à ce qu'il puisse y avoir de nouvelles pratiques pour ce qu'on appelle les rulings » et «pour qu'il n'y ait pas d'avantages qui puissent être regardés comme étant exhorbitants. Nous sommes engagés dans ce processus et je le dis ce processus est irréversible.»

Interrogé par Paperjam.lu quant au lanceur d’alerte français Antoine Deltour à l’origine du scandale LuxLeaks, le président français a botté en touche quant à la peine de prison de cinq ans qu’il risque d’encourir. Il se veut confiance quant à la capacité de la justice à fournir un travail en «toute indépendance».