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Soft skills du Luxembourg

L’école pour faire valoir les atouts de la Place



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Pour 91% des salariés expatriés, la mise en place de classes anglophones favoriserait l’arrivée de nouveaux talents au Luxembourg. (Photo: Julien Becker/archives)

Sans lien direct avec le référendum du 23 juin 2016 au Royaume-Uni, la hausse observée ces dernières années du nombre de classes anglophones est une réalité. Ce qui pourrait jouer en faveur du Grand-Duché pour attirer les managers venus de la City. 

À côté de critères purement techniques liés au fonctionnement de la Place ou au positionnement du gouvernement sur telle ou telle approche fiscale, l’attraction du pays dans le contexte post-Brexit repose aussi sur d’autres critères. La qualité de vie globale, le niveau de connectivité à d’autres pays ou bien encore les possibilités de scolarisation des enfants font indubitablement partie de ces soft skills indispensables pour attirer de nouveaux arrivants. C’est notamment sur ce dernier point que le Luxembourg tente de mettre l’accent pour faire la différence.

Déjà fort d’une réputation de pays multilingue et ouvert d’esprit, le Grand-Duché essaie à présent d’élargir son offre scolaire pour répondre aux attentes de plus en plus nombreuses. De la centaine d’élèves présents à la rentrée 2012/2013, les sections anglophones en accueillent désormais près de 550 dans les établissements publics, selon les données du ministère de l’Éducation nationale. Soit un quintuplement de l’offre publique en l’espace de quatre ans, répartie entre l’Athénée, le Lycée Michel Lucius et la toute nouvelle École internationale de Differdange. Des chiffres auxquels il faut ajouter le nombre de classes disponibles dans les écoles privées, telles que l’École européenne, l’International School of Luxembourg ou la St George’s International School.

Pas que le Brexit

Cette hausse spectaculaire de sections anglophones au sein des établissements publics s’inscrit dans la logique mise en avant dans une enquête du ministère de l’Éducation nationale menée auprès des salariés expatriés. À en croire les résultats publiés en février 2016, quatre expatriés sur cinq estiment que l’absence de places à l’école constitue un facteur de refus d’implantation au Grand-Duché et 91% jugent que l’implémentation d’un système de scolarisation en anglais améliorerait l’arrivée de nouveaux talents au Grand-Duché. Finalement, plus d’un salarié expatrié sur deux (51%) considère que l’offre de scolarisation dans la langue de Shakespeare est essentielle pour le bon fonctionnement de leur entreprise. Et donc d’une partie importante de l’économie luxembourgeoise.

Ce critère pourrait encore devoir se renforcer dans les années à venir avec l’arrivée annoncée non seulement de nouveaux managers de sociétés encore basées à Londres, mais aussi la recherche proactive du pays de spécialistes ICT, pour la plupart plus anglophones que germanophones ou francophones.

Aux quelques centaines, voire au millier de personnes attendues dans le cadre de la stratégie luxembourgeoise de «headquartering» liée au Brexit, les entreprises attendent aussi l’arrivée de plusieurs centaines de développeurs, concepteurs de logiciels et autres spécialistes des bases de données. Un vivier de spécialistes qui se trouve actuellement hors des frontières de l’Union européenne et que l’assouplissement des conditions d’accès au marché du travail national doit attirer.