POLITIQUE & INSTITUTIONS

Stratégie éducative

L’école du futur passera par la case numérique



ecole_42.jpg

Pour répondre aux besoins dans le secteur ICT, le Luxembourg entend développer l'apprentissage du code notamment. (Photo: École 42)

Le ministère de l’Éducation nationale a dévoilé mercredi sa stratégie destinée «à hisser le Grand-Duché en centre d’excellence ‘High Tech’». Baptisée «Digital (4) Education», elle doit notamment permettre de combler, en partie du moins, les besoins ICT du pays.

Pour que le «Digital Lëtzebuerg» voulu par le gouvernement devienne réalité, le pays mise sur plusieurs facteurs. D’un côté attirer des spécialistes ICT, de l’autre former ses résidents. Alors que le premier aspect suit son cours avec notamment l’annonce de l’adaptation des critères pour les salariés hautement qualifiés venus d’au-delà des frontières de l’UE, le second aspect nécessite d’autres mesures. Sur un temps plus long, car liées à la formation des élèves.

C’est dans ce contexte que Claude Meisch (DP), ministre de l’Éducation nationale, a présenté mercredi la stratégie «Digitial (4) Education» lors du salon ICT Spring.

«Pour éviter une fracture digitale, nous souhaitons nous positionner à la pointe d’un secteur très innovant et, pour cela, former nos élèves», assure-t-il. Souhaitant que l’école «soit en mesure d’apporter des réponses aux attentes des entreprises», le ministre entend jouer sur quatre tableaux: l'éducation à la sécurité informatique, l'apprentissage digital, le travail avec de nouveaux outils et l'adéquation avec les attentes des entreprises. Autant d’aspects destinés à permettre aux élèves d’«être préparés aux spécificités d’une technologie omniprésente» pour pouvoir «en tirer avantage aussi bien en termes de compétences que d’apprentissage».

Apprentissage du code dans des «Markers-Spaces»

Concrètement, la déclinaison du «Digital Lëtzebuerg» dans le monde de l'éducation va se traduire par l'utilisation d'une nouvelle pédagogie, basée sur de nouveaux outils. C’est déjà notamment le cas dans 17 écoles fondamentales qui utilisent une plateforme destinée à l’apprentissage des mathématiques dans le cycle 4. Baptisé MathemaTIC, cet outil doit permettre aux élèves d’apprendre la matière via un outil flexible et disponible dans quatre langues (allemand, français, anglais et portugais). Une manière d'essayer d’améliorer le niveau général des élèves, régulièrement pointé du doigt dans les études internationales.

MathemaTIC doit être généralisé à partir d’octobre 2015. L’utilisation des tablettes numériques comme support d’apprentissage sera également mis en place.

Pour permettre de répondre aux attentes des entreprises, le ministère prévoit également la mise en place de «Marker-Spaces», des lieux destinés notamment à l’apprentissage du code informatique. Installés durant cette année scolaire au Lycée technique d’Ettelbruck, au Lycée technique des Arts et Métiers et au Forum Campus Geesseknäppchen, ces ateliers seront ouverts dans le cadre d’activités scolaires. Ou périscolaires, puisque maisons de jeunes, maisons-relais ou associations sont invitées à utiliser ces structures.

À noter qu’un concept tel que celui de l’école 42 à Paris, visitée il y a deux semaines par Nicolas Schmit (LSAP), ministre du Travail, «est une idée très intéressante» qui fait l’objet actuellement «d’une réflexion». En attendant une décision, le futur Lycée de Clervaux, qui doit ouvrir ses portes en 2018, sera l’établissement spécialisé dans les formations liées au monde numérique au Luxembourg.

Je ne suis pas en mesure de chiffrer le coût de ce projet, au vu de l'ampleur de l'ensemble.

Claude Meisch, ministre de l'Éducation nationale

Assurant que «le ministre, seul, ne peut venir au bout d’une stratégie», Claude Meisch indique vouloir accorder de la flexibilité aux écoles et aux enseignants «car la collaboration est de mise dans le milieu de l’Éducation».

Dans les faits, l’application concrète de cette stratégie globale sera confiée à chaque établissement qui «devra piocher parmi les concepts que nous leur proposons», indique le ministre. Reste la question du coût de toutes ces mesures. Reconnaissant qu’il n’était «pas en mesure de le chiffrer au vu de l’ampleur de l’ensemble», Claude Meisch précise que «l’éducation est une priorité pour le gouvernement, ce qui signifie qu’on ne fera pas d’économies avec ce projet car il s’agit de la formation de nos enfants».