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Autofestival 2017

Leasing: «La croissance 2016 devrait se maintenir»



Le leasing automobile surfe toujours sur une belle vague porteuse, selon Dominique Roger (ALD Automotive). (Photo: Mike Zenari / archives)

Le leasing automobile surfe toujours sur une belle vague porteuse, selon Dominique Roger (ALD Automotive). (Photo: Mike Zenari / archives)

General manager d’ALD Automotive Luxembourg, Dominique Roger est aussi le vice-président de la fédération Mobiz, où il est responsable des dossiers de leasing opérationnel et locations à long terme. L’occasion de voir avec lui ce que représente l’Autofestival pour le secteur du leasing automobile.

Monsieur Roger, que représente un événement comme l’Autofestival pour le secteur du leasing?

«C’est une période où le travail est encore plus conséquent. Premièrement parce que, par le passé, pas mal de sociétés ont profité de cette période pour signer des contrats de leasing opérationnel. Ce qui fait qu’aujourd’hui c’est une importante période d’échéances et donc de renouvellement de contrats. C’est un premier aspect historique. À côté de cela, l’Autofestival est aussi une période au cours de laquelle les gens s’intéressent plus à la voiture. Ce qui a pour conséquence que des clients nous demandent de leur faire des propositions, même si leur contrat n’est pas encore arrivé à échéance et donc ne peut être renouvelé anticipativement sans frais. Dans ce cas c’est donc beaucoup de travail qui ne mène pas toujours à des signatures.

Quel bilan tirez-vous de l’année 2016 pour le secteur?

«Les chiffres du secteur du leasing opérationnel ne sont pas encore disponibles, ils n’ont pas encore été collectés auprès des acteurs du secteur. Mais, selon mon évaluation, le parc global de véhicules à usage professionnel a grandi d’environ 5% au cours de l’année 2016. Le parc en leasing opérationnel doit avoir grandi dans les mêmes proportions. Ce qui est assez bon. Beaucoup de secteurs aimeraient connaître une croissance comme la nôtre. Pour ALD Automotive, la croissance organique a été de 6,5% et nous avons encore enregistré 3.5% de croissance liée au rachat par notre groupe de la société Parcours, du groupe Wendel, dont nous avons repris le parc luxembourgeois.

Le parc de voitures en leasing croît d’année en année. La tendance est-elle appelée à se poursuivre?

«La cible totale pour le leasing opérationnel est de l’ordre de 90.000 véhicules et nous sommes actuellement à +/- 36.000, soit environ 40%. Si on parvient à encore évangéliser une partie de cette clientèle potentielle qui recourt à l’achat sur fonds propres ou au leasing financier, on peut encore connaître une croissance supérieure à celle du pays. Mais nous sommes aussi aidés par la croissance de l’économie luxembourgeoise qui reste bonne. Les services que nous offrons vont en tout cas dans le sens de ce que recherchent les entreprises en les dégageant de tâches qu’ils maîtrisent moins bien et en leur évitant un ensemble de risques.

La domination des voitures allemandes au Luxembourg est notamment liée au poids du leasing. Est-ce que cette tendance est appelée à se maintenir, ou bien voit-on émerger de la demande pour d’autres types de voitures?

«L’importance des voitures premium vient notamment du profil de clientèle fortement concentré dans les fonctions à responsabilités ou même exécutives. Mais d’autres facteurs contribuent à leur succès. Ces constructeurs proposent des gammes de plus en plus larges et séduisantes et offrent de bonnes conditions pour les flottes d’entreprises. Les valeurs résiduelles de ces véhicules sont aussi plus solides. Ceci dit, le marché est assez bien chahuté et je pense que nous nous orientons vers une constellation plus complexe. La réforme fiscale, en favorisant les véhicules moins polluants, devrait faire bouger des choses. Le secteur approuve d’ailleurs ces mesures et les acteurs de Mobiz se sont engagés à soutenir la politique du gouvernement d’aller vers des motorisations moins nocives, comme l’essence ou le plug-in hybride par exemple plutôt que le diesel. Nos vues sont convergentes.

Le marché luxembourgeois a atteint les 50.000 immatriculations l’an dernier. On peut parler de résultat exceptionnel?

«2016 a effectivement été une bonne année. Sans mesures drastiques à l’encontre du secteur automobile, cette tendance devrait se poursuivre. Mais nous voulons cependant aller de l’avant en proposant de nouvelles formules, telles que le leasing combiné voiture-vélo, des véhicules hybrides ou électriques. Nous voulons être en lien avec la politique fiscale du gouvernement.

On a appris cette semaine la volonté de LeasePlan de réduire ses effectifs de plus d’un quart au Luxembourg pour coordonner ses efforts avec la direction belge…

«C’est une mesure qui ne me réjouit pas. Les acteurs luxembourgeois du secteur ont fait de gros efforts pour bien faire comprendre à leur maison mère qu’il s’agit d’un marché à part entière avec ses caractéristiques propres et qui mérite d’être servi de l’intérieur. Aujourd’hui, de nouveaux actionnaires chez LeasePlan croient à nouveau que le Luxembourg peut être géré, en partie, depuis la Belgique. C’est un mauvais signal pour tout le monde.»