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#Celebratingluxembourg

«Le vin luxembourgeois n’a plus besoin de se cacher»



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Cédric Meyer et son vin Il Borraccio peut compter sur les clients luxembourgeois qui le soutiennent. (Photo: D.R.)

Maison Moderne a choisi de placer l’année 2017 sous le signe de #CelebratingLuxembourg pour mettre en lumière celles et ceux qui contribuent au rayonnement du pays à l’étranger. Petit détour en Toscane où le vigneron luxembourgeois Cédric Meyer fait un vin très recommandable.

Après un stage chez des viticulteurs luxembourgeois et une formation en Allemagne, c’est en Toscane que Cédric Meyer s’expatrie en 2002. Il n’a que 20 ans et choisit une région viticole de premier ordre. Depuis, il produit du vin et de l’huile d’olive à San Gimignano, où il cultive 10 hectares. Quelque 10.000 bouteilles de Il Borracio rouge, blanc et rosé sont produites chaque année.

Monsieur Meyer, votre travail contribue au rayonnement à l’international du Luxembourg. Quand en avez-vous pris conscience pour la première fois?

«Je travaille en Italie où je fais du vin italien, donc je ne sais pas si le fait d’être Luxembourgeois a beaucoup d’importance. Cependant, mes origines m’apportent certains contacts, une certaine reconnaissance. Je viens d’introduire des barriques en bois luxembourgeois pour l’affinage de mes vins, c’est une nouveauté qui apportera quelque chose de particulier aux vins.

Comment se positionne le vin luxembourgeois à l’international?

«En tant que vigneron luxembourgeois, qui produit son vin en Italie, je ne peux en juger qu’à travers les appréciations que donnent les consommateurs des vins luxembourgeois. Depuis que ma génération a repris la production de vin à la Moselle, un saut qualitatif important a été fait. L’introduction de techniques de cave modernes et de savoirs académiques ont contribué au fait que le vin luxembourgeois n’a plus besoin de se cacher ou se sentir inférieur aux vins étrangers. Toutefois, à cause de sa petite production et d’un marché quasiment inexistant en dehors du Luxembourg, le vin luxembourgeois représente une niche au niveau international. Il s’exporte surtout dans les pays limitrophes, mais je trouve quand même intéressant qu’il soit exporté jusque dans des pays comme le Canada.

Peut-on parler d’un travail viticole typiquement luxembourgeois?

«Chaque région a sa propre viticulture et ses propres techniques et traditions. Il s’agit de trouver une balance harmonieuse entre terroir, climat et vignes. C’est vrai que le travail viticole luxembourgeois est typique dans la mesure où il exploite surtout des cépages blancs et qu’il faut faire avec les conditions météorologiques du pays. Le travail du vigneron doit donc s’adapter. Mais l’expérience joue aussi un rôle important pour réaliser le meilleur produit possible. En ce qui me concerne, je fais de la viticulture selon les règles de l’art, mais l’appeler typiquement luxembourgeoise serait inexact. La proximité que je recherche entre mes produits et mes clients: c’est peut-être cela qui est le plus typiquement luxembourgeois dans mon travail.

Luxembourg est un pays «fiable, dynamique et ouvert». Reconnaissez-vous le Luxembourg dans ces mots-clés retenus par le gouvernement?

«C'est ce que l’on dit en effet un peu partout... Je pense que nous sommes le symbole de ce que l’Europe voudrait être.

Que vous disent vos interlocuteurs à l’étranger sur le Luxembourg?

«Malheureusement, il y a encore beaucoup d’ignorance sur le Luxembourg en Toscane. Ce que j’entends se partage, à parts égales entre ‘Luxembourg, c’est en Belgique?’ ‘Est-ce que c’est un pays qui fait partie de l’Union européenne?’ ‘Il n’y a que des banques, des riches’ et enfin, ceux qui sont déjà venus disent que c’est très beau et qu’ils y retourneront.

Et qu’est-ce que vous leur répondez pour leur donner envie de visiter le Luxembourg?

«J’essaie toujours d’expliquer à mes interlocuteurs que le Luxembourg n’est pas seulement fait de banques et de stations essence. J’explique qu’au niveau naturel et culturel, notre petit pays a beaucoup d’attraits.

À quelle occasion étiez-vous particulièrement fier du Luxembourg?

«Quand je vois avec quels amour et dévouement les Luxembourgeois achètent mon vin et me soutiennent pour que je puisse réaliser mon rêve et produire du vin. Je suis aussi très content de voir que mon vin figure sur la carte de vins de plusieurs restaurants luxembourgeois, comme Heringer Millen, Bei den Bouwen ou Brasserie Wenzel.»

 

Il Borraccio sera présent au Springbreak à Luxexpo du 22 au 26 mars.

L’aventure #CelebratingLuxembourg continue sur celebratingluxembourg.com pour découvrir toutes les personnalités.

Rendez-vous le 13 décembre pour le grand événement Celebrating Luxembourg.