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Mobilité à l’horizon 2035

Le tram pourrait aussi relier la capitale à Esch



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D’ici à 2035, il se pourrait que prendre le tram vous emmène directement du Kirchberg à Belval, selon le projet dévoilé ce jeudi. (Photo: Mike Zenari/archives)

Si le nouveau plan de mobilité souhaité par le gouvernement se trouve encore en phase d’étude, l’idée de créer un maillage des transports en commun via «un tram rapide» a été présentée jeudi. Avec pour ambition de créer «un véritable saut qualitatif».

La «vision claire et précise» voulue par François Bausch (Déi Gréng) pour favoriser la mobilité au-delà de 2023 a été en partie dévoilée ce jeudi. Fruit d’une nouvelle conception de la planification qui se fonde «sur une base de données fiable et des modélisations informatiques», cette vision devrait se traduire notamment par ce que le ministre du Développement durable et des Infrastructures nomme la mise en place d’un «nouveau maillage des transports en commun afin de bénéficier d’un véritable saut qualitatif».

Dans les faits, cela devrait aboutir à la mise en place, à l’horizon 2035, d’un «tram rapide» destiné à délester le trafic le long du corridor entre Esch-sur-Alzette et Luxembourg-ville. Imaginé comme identique aux rames qui circulent depuis le 10 décembre dernier le long du Kirchberg, mais «avec un moteur et des freins plus puissants» pour lui permettre de circuler jusqu’à 100 km/h, ce nouveau moyen de transport serait «la meilleure solution» pour compléter l’offre de transport public. Exit donc le projet de «super bus», ou bien encore celui de monorail, jugés tous les deux inadaptés aux besoins futurs.

Relier les deux campus de l'Uni 

Car si aucun chiffre n’a été avancé, les planificateurs du ministère de la place de l’Europe ont anticipé la densification du trafic en lien direct avec le développement attendu non seulement du Ban de Gasperich, mais aussi des quartiers de Merl et Cessange – seuls espaces encore verts de la capitale –, des friches d’Esch-Schifflange ou du site d’Esch-Belval.

D’où l’idée de mettre en place un service à haute capacité, capable de s’intégrer sur les réseaux des autres transports en commun. Ce qui permettrait notamment «de rejoindre les deux campus de l’université (Belval et Kirchberg, ndlr) en restant dans la même rame», plaide le ministre, tout en précisant toutefois que ce tram «ne circulera pas sur les rails des CFL pour ne pas encombrer ce réseau».

Pôle multimodal envisagé à Foetz

Réalisé nécessairement par phases, le projet qui s’inspire en partie du Stadtbahn de Bonn prévoit, entre autres, la réalisation d’un pôle multimodal dans les environs de Foetz. Ce dernier servirait alors de point de ralliement pour les bus, qui sont la solution envisagée à court et moyen terme pour désengorger l’A4. Des travaux d’élargissement de l’autoroute, entre l’échangeur Lankeltz et Foetz, sont d’ailleurs dans les cartons. Ces travaux devant notamment aboutir à la mise en place de voies réservées aux transports en commun.

Le choix de valider ou non le projet de «tram rapide» incombera au prochain gouvernement, qui devra également en définir le périmètre, que ce soit le tracé, la gérance, ou bien encore les coûts. Une décision que François Bausch juge «urgente» au vu du temps nécessaire pour la mise en place de ce «nouveau système», estimé entre 10 à 15 ans. À noter que les autres éléments du futur plan de mobilité durable, le «Modu 2.0», destinés à anticiper les déplacements au Grand-Duché et en Grande Région à l’horizon 2030, seront dévoilés à la mi-mai.