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Le sort de Dudelange lié à Liège



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Le site de Dudelange serait proposé en «package» avec celui de Liège qui semble déjà intéresser le russe NLMK déjà présent en Wallonie. (Photo: DR)

La réunion entre la direction de Dudelange et les syndicats a apporté peu de réponses, tout restant suspendu à la procédure devant la Commission. ArcelorMittal envisage une vente du «package» Liège-Dudelange.

Le directeur des sites de Florange et Dudelange a rencontré les syndicats OGBL et LCGB jeudi soir durant plus de 1h30 afin de faire le point sur le sort du site luxembourgeois, qui apparaît sur la liste des actifs qu’ArcelorMittal se propose de céder en contrepartie de l’acquisition d’Ilva, exigences européennes en matière de concurrence obligent.

Les syndicats ont tenté d’en savoir plus sur le caractère immuable de cette liste. «Difficile d’obtenir une réponse claire», rapporte Robert Fornieri, secrétaire syndical LCGB Sidérurgie. Les syndicats gardent l’espoir d’une marge de négociation avec la Commission.

Deuxième sujet de discussion: l’autonomie du site de Dudelange en cas d’exfiltration du cluster ArcelorMittal Atlantique Lorraine. Sachant que le site dépend actuellement de Florange pour son approvisionnement comme pour la commercialisation de ses produits Usibor comme Alusi et Aluzinc. «La direction dit que l’autonomie du site est évidemment réalisable, car les sites de Dudelange et Liège sont intéressants. ArcelorMittal priorise d’ailleurs la vente d’un «package» Liège-Dudelange», le premier alimentant le second en matières premières. Et pour conforter le sérieux de cette option, le sidérurgiste a d’ores et déjà entamé le découplage du management de ces sites par rapport à la direction d’Amal.

NLMK sera-t-il intéressé par Dudelange?

La direction a enfin confirmé la prochaine «visite d’un repreneur intéressé» à Liège, alors que des représentants du russe NLMK, déjà actif à La Louvière et Clabecq, ont été vus fin mars parcourant les sites liégeois de Tilleur (usine du fer-blanc) et de Flémalle. «Sans garantie» que NLMK soit effectivement preneur du site luxembourgeois également, souligne Robert Fornieri. Le LCGB suivra cette piste de près à travers ses liens avec le syndicat belge CFC sur place.

La direction a en tout cas répété sa détermination à vendre Dudelange si elle doit céder des actifs et n’envisage pas qu’aucun repreneur ne soit intéressé.

Prochaine réunion luxembourgeoise le 22 mai, soit quelques jours après le comité d’entreprise européen et la veille du délai fixé par la Commission européenne pour l’évaluation d’impact sur le marché de la cession d’actifs proposée par ArcelorMittal.

La Commission se défend

Les syndicats attendent d’ici là des avancées sur le front politique – le LCGB a réclamé une tripartite sidérurgie auprès des ministres de l’Économie et du Travail et également écrit au président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et à Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence.

La Commission soigne d’ailleurs sa communication dans cette affaire. «Nous n’avons pas pris de décision finale par rapport à cette acquisition», précisait la représentation de la Commission à Luxembourg jeudi, rappelant que «la Commission n’impose pas de désinvestissements spécifiques» et que «les remèdes suggérés sont un choix commercial de la compagnie concernée». Elle souligne encore qu’elle «n’approuver[a] un remède proposé seulement si [elle est] convaincue que les actifs cédés continueront à être exploités sur une base viable et durable dans les mains d’un nouveau propriétaire. Et nous n’approuverons pas un désinvestissement si cela n’est pas assuré.»

La commissaire à la concurrence elle-même a évoqué le vif débat jeudi dans un tweet, sur lequel le ministre de l’Économie Étienne Schneider, qui avait interpellé l’exécutif européen la semaine dernière, a rapidement rebondi.