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Money For Job

Le recrutement collaboratif en marche



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Il est encore possible d’innover en matière de recrutement en ligne. Démonstration par l’exemple…

Money For Job

Le recrutement collaboratif en marche

C’est une petite révolution qui s’annonce dans le domaine du recrutement en ligne. L’arrivée, courant avril, de la plateforme «Money For Job» (www.moneyforjob.com, accessible en ligne d’ici à la fin du mois d’avril) risque en effet de bousculer les habitudes du marché sous plusieurs aspects.

Tout d’abord celui du prix. Les offres d’emploi des entreprises seront en effet totalement gratuites, seules celles qui débouchent sur un recrutement leur seront facturées. «Nous voulons proposer un service au juste prix, notamment pour les plus petites structures qui ne peuvent pas toujours s’offrir les services d’un chasseur de têtes et pour qui trouver rapidement une compétence adéquate représente un besoin parfois vital, déclare Julien Husson, directeur commercial de Money For Job. La somme forfaitaire, de 2.200 euros, sera applicable à toute société, petite ou grande.»

Autre point commun partagé par tous les annonceurs: l’anonymat. Chaque descriptif de poste présenté sur Money For Job sera détaillé, y compris le secteur d’activité, mais le nom de la société gardé secret. Il en sera de même pour les candidats. Chaque partie connaîtra l’identité de l’autre lorsque le candidat aura accepté le rendez-vous proposé.

Mais la valeur ajoutée que veut proposer le site internet, ce qui en fera son véritable différenciateur par rapport aux autres outils de recrutement, tient dans le renversement de la dynamique interne. Celle-ci dépendra en effet de la participation et de la fidélisation des membres d’une communauté en devenir qui pourront coopter leurs connaissances. L’idée de base est assez simple: les membres de cette communauté, inscrits sur le site et spécialisés dans un métier connaissent forcément un proche ou ami potentiellement intéressé par un emploi. «Nous avons remarqué que trop de personnes inscrites sur les plateformes de recrutement ne participaient pas activement à la vie de cette plateforme ni même à la gestion de leur profil», ajoute Julien Husson. Pour susciter l’adhésion d’une masse de petits chasseurs de têtes à leur manière, les initiateurs du projet comptent sur les «bons points» attribués sous forme d’étoiles et autres indicateurs de performance.

Et l’idée de récompense va encore plus loin. Les membres ayant coopté une de leur connaissance se verront aussi valorisés en recevant monnaie sonnante et trébuchante. D’où le nom du site internet. «Notre modèle de financement se veut transparent dès le départ, ajoute M. Husson, chargé d’implanter la marque au Luxembourg. Les networkers recevront 25% des 2.200 euros versés par l’annonceur qui aura trouvé le candidat correspondant à ses attentes.» Soit 550 euros qui seront bienvenus dans les escarcelles personnelles.

Win-win

Dans la mouvance des moyens de paiement électronique et des achats en ligne, Money For Job prévoit de convertir la somme touchée en bons d’achat, en crédit sur une carte estampillée aux couleurs de la plateforme ou encore de la verser en faveur d’une organisation humanitaire soutenue, cette année Médecins sans frontières. «Nous reverserons de notre côté 5% de l’argent reçu par les annonceurs à MSF, par volonté d’ancrer durablement notre action dans la responsabilité sociétale.»

Une manière de garder les pieds sur terre en cas de succès de cette entreprise, dont l’idée a germé en 2008 au Luxembourg, à l’initiative de Vincent Balzano, expert dans le recrutement depuis 25 ans. Ce projet a ensuite mûri en France avant de revenir sur ses terres natales dans une optique internationale. «Nous voulons être ouverts à toutes les sociétés en donnant la même chance de visibilité à chacun, note Julien Husson. Nous poursuivons un plan de développement en Europe avec une présence commerciale sur place, proportionnellement aux zones visées.»

À moyen terme, 76 pays seront abordés via une expansion en partie sous licence. Si elle devait faire ses preuves en fonction de l’appétit des usagers, cette idée pourrait positionner le Luxembourg comme terre d’accueil de nouveaux projets, à la convergence des ressources humaines et de l’ère du digital collaboratif.