PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Carte blanche

«Le RAIF, l’outil idéal pour investir en Afrique»


Retour au dossier

unknown.jpeg

L’Afrique suscite un réel engouement chez les investisseurs. Le reserved alternative investment fund (fonds d’investissement alternatif réservé) se présente comme l’outil idéal pour y investir et une opportunité pour la Place luxembourgeoise.

Pourquoi l’Afrique est-elle une opportunité pour le RAIF luxembourgeois?

Tous les observateurs constatent que l’Afrique (qu’elle soit du Nord ou subsaharienne) est une terre d’opportunité en matière d’investissement.

En effet, les investisseurs «les plus audacieux» (c’est-à-dire ceux qui ont su passer au-dessus de la perception habituelle de ce continent) ont pu obtenir des résultats rentables en pariant sur les pays africains (en tenant compte raisonnablement des caractéristiques de chacun d’entre eux).

Leurs opérations prennent souvent la forme de financement ou de prise de participation dans les sociétés locales, performantes et non cotées, exerçant leurs activités dans des domaines variés (immobilier, infrastructure, agriculture, télécom, industrie, innovation, éducation).

Aussi l’Afrique représente-t-elle un grand intérêt pour les sociétés de private equity et les family offices, et de manière générale, les investisseurs avertis (au sens de la loi luxembourgeoise).

L’environnement juridique luxembourgeois est également une autre source de confort pour les investisseurs.

Bertrand MoupfoumaBertrand Moupfouma, Partner (Themis Lex)

Pourquoi le RAIF serait-il le véhicule idéal pour investir en Afrique?

Réservé aux investisseurs avertis, le RAIF repose sur trois piliers de nature à donner du confort à ces derniers dans ce type d’opération:

–       l’AIFM (c’est-à-dire l’opérateur dont l’activité est la gestion d’un ou plusieurs fonds alternatifs et satisfaisant à toutes les conditions de la réglementation communautaire en matière de gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs [«AIFMD»], qui supervise les investissements, et doit répondre devant la Commission de surveillance du secteur financier [la «CSSF»]),

–       la banque dépositaire en charge de la supervision des actifs, et

–       le réviseur indépendant agréé. 

À cela s’ajoute la fonction de risk management qui peut être externalisée et qui de facto est devenue une profession à part entière.

Enfin, l’environnement juridique luxembourgeois est également une autre source de confort pour les investisseurs.

Existe-t-il un frein aux investissements en Afrique via des véhicules luxembourgeois?

Ils existent et sont principalement liés:

– aux questions légitimes de KYC et de compliance qui se posent dès le début d’un projet, mais résultent souvent d’une méconnaissance ou d’une mauvaise perception du continent africain ou de réflexes, certainement de prudence, mais trop souvent automatiques, 

– à la fonction de banque dépositaire dans le cadre du contrôle des actifs sous-jacents, et

– à l’AIFM qui risque d’«être» dissuadé par le risque réel ou supposé de la localisation de celui-ci.

Il ne faudrait pas céder à la tentation de renoncer au lancement d’un projet dans un pays africain uniquement à cause du lieu de l’investissement.

Bertrand MoupfoumaBertrand Moupfouma, Partner (Themis Lex)

Ces craintes (KYC, contrôle de la banque dépositaire, AIFM) sont-elles des points bloquants?

Ces points ne sont pas bloquants ou du moins ne devraient pas l’être.

La rigueur du KYC luxembourgeois est un gage de sérieux pour les investisseurs, auquel il ne faut pas renoncer.

Cependant, il ne faudrait pas céder à la tentation de renoncer au lancement d’un projet dans un pays africain uniquement à cause du lieu de l’investissement.

En effet, une étude au cas par cas s’impose à l’instar de ce qui est pratiqué par d’autres juridictions européennes.

Par ailleurs, les exigences de compliance même exigeantes peuvent être effectuées dans ce type d’opérations, surtout si le process est annoncé dès le début.

En outre, la banque dépositaire peut assurer sa mission de contrôle des actifs sous-jacents via les sous-dépositaires locaux.

Il en va de même pour l’AIFM qui peut être assisté par un «risk manager» ayant la capacité de prendre toutes les informations locales relatives à l’investissement.

C’est pourquoi le RAIF possède tous les atouts permettant aux investisseurs avertis de placer leurs capitaux dans ce continent en pleine croissance.