ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Un concept à expliquer

Le PSDC, une banque qui stocke de l’information



jean_racine_.jpg

Pour Jean Racine, membre de Fedisa, le statut de PSDC est une étape supplémentaire vers un Luxembourg coffre-fort électronique pour l'Europe. (Photo: paperJam / Archives)

Très attendue, la loi du 25 juillet 2015 sur l’archivage électronique en vigueur depuis novembre dernier a donné naissance à deux nouveaux métiers encadrés: prestataires de service de dématérialisation et de conservation (PSDC). Explications avec Jean Racine, membre de la Fédération des professionnels de l’archivage.

Attendue depuis près de huit ans, la loi sur l’archivage électronique de juillet 2015 vient réformer la loi du 22 décembre 1986 d’application jusqu’en novembre dernier. En assurant une présomption de conformité, un support numérique sera, à certaines conditions, d’emblée présumé aussi valide qu’une preuve écrite dans le cas d’un litige. La loi, précurseuse en Europe, précise également les conditions d’exercice de deux nouveaux métiers à l’image du célèbre PSF: prestataire de service de dématérialisation, soit une organisation qui scannera les documents à traiter, et celui de prestataire de service de conservation, soit l’entreprise qui se chargera de les stocker à longue durée.

Respect des avoirs

«La nouvelle loi clarifie de nombreux points», précise Jean Racine, chief business development officer de Labgroup et membre de Fedisa. «Ces deux statuts offrent de solides garanties de fiabilité et d’intégrité de l’information. C’est un atout énorme pour la Place. Un PSDC sera comme une banque qui stocke de l’information, des bytes et des bites. Les clients seront tous assurés de récupérer 100% de leurs avoirs. La réversibilité et l’ouverture des formats seront totalement garanties.» Contrôlées en amont, notamment sur leur stabilité financière, ces deux familles de métiers apporteront un niveau de sécurité inédit aux acteurs souhaitant stocker leurs données au Luxembourg. Précurseur en la matière, l’État luxembourgeois est ainsi le premier gouvernement européen à produire une telle législation, marquant une étape de plus dans son souhait de faire du pays un hub ICT. Et Jean Racine d’achever: «En s’équipant d’une connectivité performante, puis en construisant des data centers de pointe, l’État avait déjà construit les deux premiers étages de la fusée. Il faut désormais remplir ces infrastructures et aller chercher des données du monde entier afin que le pays devienne véritablement un coffre-fort électronique pour l’Europe.»