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Investissements

Le plan Juncker pour les nuls



La BEI pourra fortement renforcer son appui aux entreprises européennes dans le cadre du plan Juncker. (Photo: BEI)

La BEI pourra fortement renforcer son appui aux entreprises européennes dans le cadre du plan Juncker. (Photo: BEI)

Les entreprises luxembourgeoises ont eu droit à une première approche sur les opportunités qu’offrira le plan Juncker. Pour le ministre des Finances, sa réussite dépend désormais de l’implication du secteur privé.

Annoncé très peu de temps après la mise en place de la Commission Juncker, à l’automne 2014, le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) doit permettre de fournir 315 milliards d’euros d’investissements aux entreprises grâce à une garantie de départ de 21 milliards, octroyée par l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement.

Ce programme, rapidement qualifié de «plan Juncker», sera très prochainement opérationnel. Il doit permettre aux entreprises d’obtenir plus facilement du crédit qui a eu tendance à se raréfier depuis la crise financière de 2008.

Les entreprises trop peu informées

Restait à avertir les acteurs des nouvelles opportunités qui s’offrent à eux. Pour Carlo Thelen, le directeur de la Chambre de commerce du Luxembourg, c’est essentiel. «On lit souvent dans les médias que l’accès au financement n’est pas facile pour les entreprises», pointe-t-il. «Je pense surtout qu’elles sont mal informées par rapport aux instruments qui existent.»

C’est dans ce sens que la Chambre de commerce, en collaboration avec le ministère des Finances et la SNCI, a organisé un séminaire ce jeudi où les responsables de la BEI et du Fonds européen d’investissement (FEI) sont venus présenter les opportunités et les mécanismes du FEIS.

«La conjoncture économique n’est pas mauvaise, pourtant les entreprises n’ont toujours pas retrouvé suffisamment confiance pour investir», constate Carlo Thelen. «Si de nouvelles sources de financement se développent, ça devrait y contribuer.»

Et de fait, la BEI et le FEI, qui lui est fortement lié, ont pu présenter devant un parterre d’entrepreneurs les outils, anciens ou nouveaux, mais qui seront tous renforcés grâce au plan Juncker. «Le FEIS offrira notamment deux choses importantes», a insisté de son côté le ministre des Finances, Pierre Gramegna. «Il permettra de compter sur l’assistance technique de la BEI et, surtout, grâce à l’enveloppe de 21 milliards de garanties, de se lancer dans le financement de projets plus risqués.»

Le FEIS permettra de se lancer dans le financement de projets plus risqués.

Pierre Gramegna, ministre des Finances

Pour Pierre Gramegna, en bouclant le plan Juncker dès le mois de juin, les responsables politiques européens ont fait leur part du travail dans les temps. «Mais, désormais, il faut mobiliser le secteur privé», lance-t-il. «Le projet ne fonctionnera que si les entreprises répondent présent et si les acteurs financiers jouent le jeu.»

80 millions pour la SNCI

Profitant de l’événement, la SNCI, bras financier du gouvernement luxembourgeois, a signé un «memorandum of understanding» avec la BEI en vue de renforcer leur collaboration dans le cadre du FEIS. La banque publique a en effet déjà prévu une enveloppe de 80 millions d’euros pour financer des projets d’entreprises luxembourgeoises rentrant dans le cadre du plan Juncker.

À noter aussi que, dans le cadre du projet Innovfin, mis en place sur le plan européen pour financer les entreprises innovantes, le FEI a récemment signé des accords avec deux banques de la Place: ING Luxembourg et la Bil. Elles disposent désormais respectivement d’une enveloppe de 50 et 60 millions d’euros, garantie à 50% par le Fonds, pour fournir des prêts à des PME luxembourgeoises innovantes.