POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Brexit

Le patronat plaide pour une transition de trois ans



Pour les représentants de 100 entreprises de l’industrie britannique, la nécessité d’avancer dans les négociations autour du Brexit devient urgente afin de bénéficier «de certitudes». (Photo: Licence C.C.)

Pour les représentants de 100 entreprises de l’industrie britannique, la nécessité d’avancer dans les négociations autour du Brexit devient urgente afin de bénéficier «de certitudes». (Photo: Licence C.C.)

Alors que les négociations officielles piétinent et à quelques jours du discours de Theresa May sur le Brexit, les représentants des principales entreprises britanniques ont publié une lettre détaillant leurs revendications afin d’éviter «une transition brutale» dès 2019.

Sollicités par David Davis, ministre en charge du Brexit, pour donner leur point de vue sur les documents techniques publiés jusqu’à présent par le gouvernement de Theresa May, les principaux capitaines d’industrie britanniques ont répondu par une lettre. Publiée au cours du week-end sur le site de la Confédération de l’industrie, cette dernière est adressée à Londres autant qu’à Bruxelles.

Estimant qu’«il est essentiel pour notre prospérité collective d’être en mesure de préparer une transition évitant un basculement brutal», les dirigeants des 100 principales entreprises du pays préconisent la mise en place d’une période transitoire de «trois ans». Adressée aussi bien au négociateur britannique qu’européen, la lettre ne cache pas une certaine inquiétude quant à l’état actuel des négociations, les signataires estimant que «le risque d’une absence d’accord demeure réel et nécessite de s’y préparer, avec des conséquences inévitables pour l’emploi et la croissance des deux côtés».

Nos intérêts partagés l’emportent largement sur nos différences.

Confédération de l’industrie britannique

Selon les données évoquées par le patronat britannique, les entreprises sollicitées représentent «plus de 500.000 emplois en Grande-Bretagne et 600.000 en Europe». Cette mise en garde intervient dans un contexte bien particulier, puisque publiée quelques jours seulement avant la déclaration que doit tenir vendredi à Florence la Première ministre Theresa May et à un moment où les interrogations se multiplient autour de la consommation des ménages ou du niveau de l’inflation. Appelant les deux camps à «être pragmatiques et déterminés», le patronat britannique souhaite la mise en place «de progrès substantiels (…) au cours des prochaines négociations».

Une référence à l’un des principaux points de blocage actuels des échanges entre Michel Barnier et David Davis, à savoir le sort réservé aux travailleurs européens sur le sol britannique et celui des sujets britanniques travaillant au sein de l’UE. Ne se prononçant pas sur la proposition du gouvernement qui plaide pour la priorité à l’embauche aux ressortissants britanniques, les capitaines d’industrie souhaitent «des certitudes» sur cette question car, estiment-ils, «nos intérêts partagés l’emportent largement sur nos différences».