POLITIQUE & INSTITUTIONS
POLITIQUE

INSPECTION DU TRAVAIL ET DES MINES

«Le monde du travail est en plein changement»



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Marco Boly réclame un recrutement plus qualitatif, alors que plusieurs inspecteurs sont sur le point de prendre leur retraite, privant l'ITM de leur expérience. (Photo: Jessica Theis)

Le directeur faisant fonction de l'ITM, Marco Boly, revient sur les défis qui attendent son administration dans l'interview du lundi du Quotidien.

Pour Marco Boly, l'«ITM forte» souhaitée par le ministre du Travail et de l'Emploi, Nicolas Schmit, est une ITM «capable de réaliser les devoirs qui nous sont imposés, c'est-à-dire faire des inspections et des contrôles en s'adaptant au rythme de croissance que connaît le Luxembourg et au changement du monde du travail».

Un défi pour l'administration en pleine restructuration depuis un an, comme Marco Boly l'expliquait dans le numéro de décembre de Paperjam. Il soulève d'abord un «problème de recrutement» alors qu'«entre 10 et 15 personnes par an partent». L'ITM ne compte plus que 10 inspecteurs sur le terrain contre 17 auparavant. Et il en faudrait 42 pour rentrer dans les ratios recommandés par le Bureau international du travail. Marco Boly réclame également des investissements dans la formation des jeunes recrues comme des anciens dont les connaissances ne sont plus à jour. D'autant que les domaines d'intervention de l'ITM, outre les contrôles sur les chantiers qui sont les plus visibles, sont très variés, des établissements classés au désamiantage en passant par la directive Seveso.

Le directeur faisant fonction de l'ITM évoque encore dans Le Quotidien un «monde du travail en plein changement», notamment sous l'effet de l'ère digitale qui rend plus difficile la compréhension et le contrôle de certains contrats. Et le Luxembourg est exposé comme ses voisins au dumping social. «La pénétration du détachement vers le Luxembourg est beaucoup plus importante», remarque-t-il.

Mais l'ITM est aussi confrontée à la résurgence de ses racines, les mines, avec l'extraction du gypse ou du schiste, mais aussi les concessions d'Arcelor qui «arrivent à leur fin et sont de retour dans le giron de l'État». Des concessions à sécuriser, sachant que certaines abritent une espèce rare de chauve-souris.