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Télécommunications

Le mobile, accélérateur de marché



Sur le marché, l’utilisation mobile prend de plus en plus le relais. (Photo : Eawag)

Sur le marché, l’utilisation mobile prend de plus en plus le relais. (Photo : Eawag)

Le rapport 2011 de l’Institut luxembourgeois de Régulation éclaire le marché de la téléphonie et des communications électroniques dans le pays. Il pèse plus de 500 millions d’euros. Le mobile devient prépondérant, le haut débit progresse… et les opérateurs alternatifs grappillent.

Le « rapport statistique des télécommunications au Luxembourg pour l’année 2011 », établi par l’ILR (Institut luxembourgeois de Régulation) entend donner une vue globale du marché et des développements récents de la téléphonie et des communications électroniques dans le pays. Le genre de chiffres qui intéressent, notamment, les professionnels du secteur, opérateurs et prestataires de services.

Le rapport donne, entre autres, une série de chiffres clés. Le marché des « communications électroniques » a généré en 2011 des revenus globaux de 511,42 millions d’euros, soit une progression de 3,05 % par rapport à 2010. Mais le téléphone et Internet par ligne fixe perdent du terrain (respectivement plus de 5 % et plus de 1,5 %). Le revenu mensuel moyen d’Internet par utilisateur mobile (29,5 millions, en progression de près d’1 %) est d’ailleurs plus élevé que celui du fixe.

Le téléphone perd le fil

Il y a d’ailleurs, sur certains aspects, une inversion de consommation entre la téléphonie fixe et le mobile. On a enregistré au Luxembourg, en 2011, 918.650 minutes sortantes en téléphonie et en data mobiles, pour 889.970 minutes en téléphonie fixe. À cette aune, en 2010, le fixe était encore devant…

En termes de revenus, le rendement est évident. Plus de 201 millions pour le marché de détail (résidentiel et entreprises) dans le téléphone mobile, avec l’appui manifeste des 926.000 SMS envoyés, de l’Internet mobile sur smartphones et tablettes, et le poids de données (data) en connexion, qui chiffre rapidement, surtout si l’on se trouve en roaming.

Mais la situation atypique du Luxembourg, très tourné vers l’extérieur, fait que le revenu du trafic international reste aussi largement prépondérant pour l’ensemble des revenus liés aux communications téléphoniques fixes.

Opérateurs en progrès

Selon l’ILR, les opérateurs alternatifs ont pu augmenter leurs revenus à 220,6 millions d’euros (+8,14 %), tandis que le revenu de l’Entreprise des Postes et Télécommunications et de l’opérateur mobile LUXGSM a stagné à 290,9 millions (il y a même un léger recul, -0,44 %).

L’évolution des parts de marchés montre que les opérateurs alternatifs continuent à grappiller du terrain sur l’ancien monopole : ils frisent les 20 % en 2011, pour un démarrage lancé de façon visible, mais très discrète en 2005. En revanche, les parts de marché dans le mobile, déjà au-dessus des 40 % pour les alternatifs en 2005, ont progressé de façon moins spectaculaire, même si on approche des 50 % en 2011.

Les services de communications électroniques sur réseaux fixes donnent un revenu global assez stationnaire, de l’ordre de 241 millions d’euros. Les communications téléphoniques y contribuent de moins en moins (43,3 millions en 2011, soit -10,4 %).

Les entreprises consomment des services

Toutefois, les revenus des services aux entreprises affichent de nouveau une croissance de +3,35 %, pour atteindre 83,2 millions. Cette augmentation est due en particulier aux services de voies louées et à la transmission de données par paquets. « Cette partie continue ainsi de façon importante, et beaucoup plus que dans d’autres pays, à contribuer aux revenus issus des réseaux fixes », observe l’ILR.

Les abonnements Internet fixes – résidentiel et entreprises – créent un revenu de 53,36 millions (+ 2,97 %). On compte d’ailleurs davantage d’abonnements Internet au Luxembourg en 2011 (162.700) qu’en 2010 (155.000). Le « large bande », surtout par ligne DSL, reste largement majoritaire, mais les abonnements au très haut débit sont en nette progression (+35,8 %).

Les statistiques indiquent que « la part de marché de l’EPT dans la vente de raccordements Internet aux clients finals, qui est de 72,6 % fin 2011, demeure très élevée ». L’ILR souligne encore que, si la croissance nette de l’EPT « reste élevée au marché de détail, au marché de gros le recours au dégroupage a augmenté, tout comme l’utilisation des réseaux de câblodistribution » par les opérateurs alternatifs.