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À Las Vegas

Le Luxembourg Village au cœur du CES



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Elodie Trojanowski, CEO et co-founder de Luxfactory et Jérôme Grandidier, président et fondateur de Luxfactory, lors du montage du Luxembourg Village, dimanche à Las Vegas. (Photo: Luxfactory)

Le Luxembourg est représenté pour la deuxième fois au CES de Las Vegas, qui se déroule du 8 au 11 janvier. Quatre jours intenses, mais qui pourraient être décisifs pour les 16 start-up qui sont du voyage organisé par Luxfactory.

Plus que quelques heures pour affiner les pitchs, pour ajuster les éléments de langage. Les 16 start-up (contre 8 en 2018) qui vont élire domicile temporairement au Luxembourg Village du CES de Las Vegas sont dans les starting-blocks. 

Véritable grand-messe de la technologie, le salon CES donne le ton chaque début d’année sur les tendances technologiques à venir. Plus de 182.000 visiteurs sont attendus du 8 au 11 janvier pour écouter, voire toucher, les innovations dans différents secteurs. 

Et parmi ceux qui passeront les portes du salon, de nombreux responsables d’entreprise, des financeurs, iront à la rencontre des quelque 1.200 start-up venues de 40 pays et réunies dans le village «Eureka». Pour la deuxième année, les couleurs luxembourgeoises y seront déployées, à l’initiative de l’incubateur et accompagnateur privé de start-up, Luxfactory.

«Nous faisons partie du village francophone», précise Elodie Trojanowski, CEO et co-founder de Luxfactory. «Cette présence au village francophone, où 11 pays sont représentés, nous donne plus de possibilités d’échanger, notamment durant les afterworks. On se rend compte également que l’innovation conçue dans un pays peut naître aussi dans un autre. La mutualisation des idées permet de faire avancer les choses rapidement, ce que les venture capitalists apprécient aussi.»

Pitch non-stop

Neuf des 16 start-up sont inscrites à des séances de pitch qui se tiennent quotidiennement, de 7 à 9h. Impliqué dans le jury de certaines catégories, Luxfactory souhaite aussi capter une potentielle pépite en offrant un an de location dans son incubateur à la start-up qui gagnera le pitch fintech.

Mais convaincre des partenaires ou investisseurs potentiels ne se limite pas aux séances dédiées. Loin de là. «Les start-up doivent être actives de 7 à 23h, elles doivent attirer l’œil et sortir du lot. Les afterworks sont aussi hyper importants», ajoute Elodie Trojanowski. «Le CES génère beaucoup de curiosité avec un public en provenance, pour un tiers, des États-Unis, mais aussi un tiers d’Europe et un tiers d’Asie. Les grands groupes sont assez bien représentés et ciblent les start-up. Certains envoient successivement des représentants situés de plus en plus haut dans la hiérarchie s’ils pensent avoir repéré une jeune entreprise prometteuse.»

Retours sur investissement

Un investissement en temps pour les entrepreneurs. Un investissement financier aussi, outre le déplacement pris en charge par Luxfactory et l’Office du Ducroire. Si l’inconnu prévaut en ouverture de salon quant aux retombées potentielles, certaines start-up qui ont été du voyage l’an dernier parlent d’ores et déjà de retour sur investissement.

Une vitrine de choix pour l’intelligence artificielle musicale d’Aiva, qui venait, fin 2017, de réaliser une première levée de fonds auprès de Xavier Niel. CarPay Diem avait séduit l’équipementier allemand ZF Friedrichshafen, qui l’avait intégré à son écosystème, avant d’effectuer une levée de fonds de 1,2 million d’euros. La spin-off de l’Uni, Motion-S, a retenu l’attention de la fédération des constructeurs et importateurs automobiles en Belgique et au Luxembourg (Febiac), qui y a investi un million d’euros. À l’été dernier, son responsable parlait de quelque 80 prospects captés grâce au CES. Motion-S et CarPay Diem reviennent cette année au CES pour présenter leurs nouveautés.

Le Luxembourg Village s’étendra cette fois sur 100 mètres carrés, pour un budget d’une centaine de milliers d’euros. Financé par Luxfactory, il est également soutenu par la Chambre de commerce. Au total, ce sont une soixantaine de personnes qui vont graviter autour du stand dès l’ouverture du salon mardi.

Une communauté qui ne recevra pas de visite ministérielle, mais qui vaudrait la peine d’un déplacement en 2020, au cœur de l’événement qui peut aussi inspirer les start-up nations.

Les 16 start-up à Las Vegas

Voici, pour rappel, les noms des 16 start-up sélectionnées sur base de plus de 100 candidatures:

Atis Network – Réseau social professionnel qui permet aux indépendants et aux PME de trouver des partenaires et des clients. La start-up est basée à Libramont.

Art Design Painting – Basée à Paris, la start-up crée des tableaux digitaux qui embarquent les dernières technologies, comme la réalité augmentée, la vision 3D et la traçabilité des œuvres via la technologie blockchain. 

BIM-Y – Sa technologie permet aux bâtiments existants ou en cours de construction d’accéder à l’ère du BIM, étape par étape et sans investissements importants.

CarVroom – Plate-forme communautaire d’échange de véhicules entre particuliers.

ClearImage – Sa technologie combine un traitement d’image avec un filtre d’apprentissage automatique qui évalue la qualité de la segmentation des images. Les images mal segmentées sont automatiquement envoyées pour révision à des opérateurs humains formés.

CoinPlus – Déjà présente à l’édition 2018 du CES, elle dévoilera en 2019 sa Solo Card, qui permet à chacun d’avoir un compte crypto sous forme de carte de crédit sécurisée, bon marché et facilement utilisable pour les opérations quotidiennes.

Crowdaa – Basée aux États-Unis, la start-up a développé «a label in your pocket» qui permet aux artistes de manager et de communiquer avec leurs fans.

Koosmik – Au travers d’applications mobiles, Koosmik fournit un accès gratuit à un ensemble de services financiers aux particuliers et aux professionnels, notamment dans les marchés en développement.

LuxAI – Start-up innovante spécialisée dans les solutions robotiques disruptives pour l’éducation, la santé et le divertissement. LuxAI est une spin-off de l’Université du Luxembourg, spécialisée dans la robotique socialement assistée.

Motion-S – Déjà présente au CES 2018, cette start-up offre une solution de données embarquées qui assure le profilage des conducteurs et la prévention du risque sur les routes.

Mu Design – Récompensée lors du concours Pitch Your Startup au printemps, elle développe des objets connectés inspirés de l’emotive tech, à l’image de Ulo, une caméra vidéo connectée qui adopte l’apparence d’une petite chouette.

MySardines – Il s’agit d’une toute jeune start-up luxembourgeoise qui lancera en janvier 2019 sa cryptomonnaie, le «sardine coin», pour permettre aux collectionneurs de sardines millésimées de participer à la disruption de ce marché... peu connu.

Scrybto – Elle est spécialisée dans la certification numérique, la traçabilité et les plates-formes d’échange de produits digitaux et manufacturés de valeur.

Skeeled – La start-up a développé une technologie qui accompagne les candidats tout au long du processus de recrutement. Elle leur permet de passer un test de personnalité et enregistre un entretien vidéo dès que leur emploi du temps le leur permet.

SYD.cloud – Plate-forme qui s’occupe de la gestion des transactions commerciales, ainsi que de la gestion documentaire, en protégeant les données confidentielles.

Yatta Development – Développeur de l’outil utilisé par la start-up Syment, une plate-forme qui se place autour des logiciels de syndic et offre des fonctionnalités à destination des occupants de résidences ou d’un ensemble de résidences.