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Gaspillage alimentaire

Le Luxembourg veut s’inspirer de la loi française



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Près de 70% du gaspillage alimentaire vient des ménages privés. (Photo: CC)

Le Luxembourg étudie les possibilités de suivre la France, pionnière en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire. Un débat d’orientation demandé par le CSV a permis aux députés d’y voir un peu plus clair mercredi.

Le 11 février 2016, la France est le premier pays au monde à se doter d’une législation aussi forte contre le gaspillage alimentaire. Sa principale mesure consiste à obliger chaque supermarché de plus de 400m² à rechercher un partenariat avec une association d’aide alimentaire pour lui céder ses invendus alimentaires, au lieu de les jeter ou de les détruire.

Au Luxembourg, rien n’est encore fait, même si les chaînes de grande distribution ont d’elles-mêmes signé des partenariats avec des organisations telles que la Stëmm vun der Strooss: «La loi française est encore trop récente pour vraiment en tirer un bilan», explique le député LSAP Franz Fayot. «Cela a vraiment envoyé un signal. Inciter fiscalement les supermarchés à passer un accord avec des ONG pour distribuer ou vendre les invendus ou les produits arrivant à la date limite de consommation, c’est intéressant.»

Si lon ajoute à cela des cours de sensibilisation dans les écoles, ainsi que lincitation à ce que les supermarchés fassent plutôt des dons de leurs invendus, les députés présents au débat dorientation ont voté à lunanimité cette motion.

Les pains débordant dune poubelle qui avaient choqué lopinion

Au Grand-Duché, on estime que 70% du gaspillage alimentaire vient des ménages privés. Il y a donc là un gros travail de sensibilisation à faire, «cest ce qua entrepris le ministère de l’Agriculture avec un plan daction et une campagne anti-gaspillage. Lenjeu est important car il est en lien avec notre manière de consommer», ajoute Franz Fayot.

À lorigine de cette prise de conscience sur le gaspillage alimentaire, cette photo de pains débordant dune poubelle qui avait fait le tour des réseaux sociaux et qui avait choqué lopinion au Luxembourg en 2016. À lépoque, la boulangerie en cause de Cathy Goedert avait dû se fendre d’un communiqué pour se justifier d’avoir jeté du pain impropre à la consommation. À l’époque, les questions parlementaires s’étaient multipliées sur la question du gaspillage alimentaire.

Deux ans plus tard, alors que la France a légiféré, le Luxembourg est encore en phase de vouloir analyser les impacts des mesures prises pour réduire ce gaspillage. Cela dépasse les frontières nationales puisque l’UE s’est engagée à réduire le gaspillage: «C’est une question d’environnement, d’économie, mais aussi de santé, cela concerne donc trois ministères. Autant dire qu’il va falloir s’attaquer à cette problématique de manière transversale», conclut Franz Fayot.