PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Frank Krings fait le bilan des cent jours

«Le Luxembourg est stratégique pour Deutsche Bank»



Frank Krings travaillera pour que les compétences du Luxembourg restent fortes à l'avenir. (Photo: Maison Moderne)

Frank Krings travaillera pour que les compétences du Luxembourg restent fortes à l'avenir. (Photo: Maison Moderne)

À la tête de la division luxembourgeoise de Deutsche Bank depuis le printemps, Frank Krings fait un premier point sur ses sensations et les objectifs du groupe pour le Grand-Duché. À terme et progressivement, ses trois piliers de référence seront renforcés.

En provenance directe de Bangkok, où il a géré la filiale de la Deutsche Bank pendant cinq ans, Frank Krings est arrivé au Luxembourg dans le courant du mois de mars pour prendre la direction des affaires de la banque allemande. Un poste devenu vacant après le départ de Boris Liedtke, fin 2015.

Le nouveau CEO refuse, lui, de parler d’échéance mais explique volontiers que, d’un point de vue familial, le Luxembourg lui convient parfaitement. «Ma famille vit à Munich, ma belle-famille en Alsace et notre fils étudie à Londres; ici nous sommes au centre de ce triangle.» Lui-même détient la double nationalité franco-allemande.

Dressant un premier état des lieux après 100 jours, il pointe trois piliers qui font la force de DB Luxembourg: le financement des entreprises, la gestion de fortune et l’asset management.

Nous allons capitaliser sur ces trois piliers.

Frank Krings, CEO de Deutsche Bank Luxembourg

«Notre objectif est de capitaliser sur ces trois piliers pour renforcer leur poids au niveau du Luxembourg», explique-t-il. Graduellement, des activités dans ces domaines situées ailleurs en Europe devraient être recentrées vers le Kirchberg. «Ça ne veut pas dire que l’emploi va croître obligatoirement», tempère Frank Krings. «D’autres plus petites activités pourraient se réduire avec des transferts de personnel à la clé.»

Mais, il en convient, le Luxembourg est stratégique pour le groupe. Il pointe entre autres que, selon l’Autorité bancaire de surveillance, la maison-mère allemande et la filiale grand-ducale sont les deux seules banques à avoir été qualifiées de systémiques. «Nous allons donc capitaliser sur les trois piliers qui font notre force pour être certains que, dans les décennies qui viennent, ils soient toujours aussi importants.»

Agilité, long terme et compétences

Au niveau de la Place elle-même, le banquier parle de son agilité – la vitesse de décision –, de ses enjeux basés sur le long terme – alors que des Places concurrentes comme Londres, New York ou Francfort misent plutôt sur le trading – et de l’ensemble des compétences de la finance regroupées dans un mouchoir de poche. Trois ingrédients qui font le succès du Luxembourg.

À 43 ans, c’est le deuxième retour en Europe pour le manager allemand, présent au sein du groupe Deutsche Bank depuis tout juste 20 ans. Après avoir exercé diverses fonctions au siège de Francfort, il a été envoyé à New York dans des fonctions liées au développement technologique. De retour sur le Vieux Continent, il a contribué pendant cinq ans à la stratégie du groupe en tant que chief operating officer pour l’Europe. Enfin, en Thaïlande depuis 2011, il a dirigé le bureau de Deutsche Bank dans l’Asie du Sud-Est.