POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Brexit

Le Luxembourg, arrondisseur d’angles



Xavier Bettel recevait chaleureusement Michel Barnier la semaine dernière, insistant sur le maintien d'une relation forte avec le Royaume-Uni. (Photo: Anthony Dehez / archives)

Xavier Bettel recevait chaleureusement Michel Barnier la semaine dernière, insistant sur le maintien d'une relation forte avec le Royaume-Uni. (Photo: Anthony Dehez / archives)

Le gouvernement luxembourgeois continue de se faire l’apôtre d’un Brexit dans la collaboration, plus que dans la confrontation.

S’il n’a jamais eu les mots durs de certains voisins – ou d’un certain ancien Premier ministre devenu président de la Commission européenne – à l’encontre du Royaume-Uni engagé dans le Brexit, le Luxembourg était resté discret depuis le référendum du 23 juin 2016, alimentant même les suspicions de tractations dans l’ombre.

Maintenant que la seconde phase des négociations a officiellement débuté et que l’UE, comme le Royaume-Uni, semble prête à assouplir ses discours, le gouvernement se présente comme un faiseur de ponts entre deux protagonistes dont les relations demeurent tendues.

C'est la ligne adoptée dès le lendemain du référendum par le ministre des Finances, Pierre Gramegna, clamant au fil de ses voyages que Londres resterait un partenaire fort de l'UE comme du Luxembourg. Il a même été plus loin la semaine dernière en évoquant, lors d'une mission à Tokyo, la possibilité pour la City de continuer à domicilier et réguler des fonds dans un autre pays - ce qui va à rebours de la position de l'UE pour laquelle Londres renoncera au passeport européen en quittant son giron.

Bettel sur les pas de Gramegna

Encore mardi, le ministre des Finances postait sur Twitter une photo montrant une chaleureuse poignée de main avec le chancelier de l’Échiquier britannique, Philip Hammond, et vantant un «échange de vues ouvert et constructif» en marge du Conseil Écofin.

Depuis quelques semaines, le Premier ministre Xavier Bettel semble suivre la voie largement ouverte par son ministre des Finances. S'il a toujours revendiqué des vues similaires à ses partenaires européens, vantant l'idée d'un bloc négociant avec Londres, il a assoupli ses propos. Accueillant à bras ouverts Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE sur le Brexit, à Luxembourg la semaine dernière, il avait ainsi insisté sur le fait qu'«à [s]es yeux, le défi auquel l’Union devra faire face est celui de réduire le plus possible les impacts négatifs du Brexit, notamment concernant les services», déclarait Xavier Bettel lors de l’entrevue. Avant d’emmener le Français à un déjeuner de travail auquel étaient conviés les représentants de la Chambre de commerce, de l’ABBL, de Luxembourg for Finance et de l’Association des compagnies d’assurances.