ENTREPRISES & STRATÉGIES

Inauguration

Le laboratoire high-tech de la maison de demain



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Le nouvel écrin mêle différents matériaux de construction, dont le bois sur deux niveaux. (Photo: Neobuild)

Le nouveau bâtiment de Neobuild a été inauguré jeudi soir. Un laboratoire grandeur nature pour tester de nouvelles techniques et porter un secteur vers le haut.

Comment sera conçue la maison de demain? La nouvelle aile prolongeant le bâtiment de l’Institut de formation sectoriel du bâtiment sur la zone Krakelshaff à Bettembourg, conçue pour accueillir Neobuild – le pôle d’innovation du secteur du bâtiment – donne une indication concrète de la réponse.

Des capteurs (un millier dans les nouvelles installations) à l’utilisation du vide comme isolant dans les dalles en béton en passant par la mise en place de la première serre urbaine fonctionnelle au Grand-Duché, le temps s’accélère pour laisser apparaître une «living city» où les maisons sont interconnectées et où l’économie circulaire est appliquée. 

Il aura fallu 18 mois et un budget de 6 millions d’euros pour ériger cette nouvelle aile qui est reliée à «l’ancien» bâtiment de 2006 par une zone de liaison où différents matériaux testés sont apparents. Si le rez-de-chaussée repose sur une fabrication en béton, les deux étages supplémentaires sont d’ossature en bois massif. L’ensemble a été réalisé avec Arco-Architecture Company pour être un bâtiment zéro énergie.

«Cette nouvelle aile illustre le fait que nous avons constamment un problème de place, nous sommes victimes de notre succès, indique Fernand Hemmen, président de Neobuild créé il y a trois ans et prenant part dans le CDEC, le Conseil pour le développement économique de la construction.

En Grande Région et au-delà

Un succès qui amène déjà à évoquer la construction d’un étage supplémentaire et s’explique par le besoin criant qu’ont les sociétés du secteur du bâtiment de s’adapter aux nouvelles techniques qui peuvent représenter un atout compétitif par rapport à la concurrence étrangère. La recherche d’efficacité énergétique fait aussi partie des raisons qui expliquent ce besoin en formation.

Avec cet outil, Neobuild se positionne comme un pôle d’innovation au Luxembourg pour un secteur qui compte 3.000 entreprises pour 50.000 employés. Mais le rayonnement s’étend d’ores et déjà à la Grande Région et au-delà.

«Nous pouvons nous appuyer sur le savoir et le savoir-faire du secteur en y ajoutant des éléments technologiques, déclare Bruno Renders, administrateur délégué de Neobuild. La technologie fait partie intégrante de l’innovation. Nous y ajoutons aussi une petite dose de créativité.»

L’inspiration de Google à Belval

Un message reçu cinq sur cinq par le ministre des Infrastructures et du Développement durable François Bausch qui, avec la secrétaire d’État en charge de l’Économie Francine Closener, représentait le gouvernement lors de l’inauguration.

Pour combattre le changement climatique, il faut réduire sa consommation en énergie fossile, modifier ses habitudes de consommation et parvenir à des maisons à émission 0 voire à énergie positive.

«L’État doit être la locomotive pour atteindre ces buts, il doit stimuler la recherche et l’innovation, estime François Bausch. Les immeubles étatiques sont, depuis les années 2000, réalisés selon les derniers concepts énergétiques. Et nous voulons aller au-delà avec deux projets à énergie positive.» 

L’Administration de la nature et des forêts à Diekirch – prochainement inaugurée – et le Lycée technique pour professions de santé – en phase d’étude –  produiront plus que ce qu’ils consomment. Mais le ministre a déclaré son ambition d’aller plus loin, dans le sud cette fois.

Je rêve pour Belval d’un bâtiment comme le construisent Google et Apple.

François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures

«Ce qui manque à Belval est un bâtiment phare dans ce domaine très innovant, ajoute François Bausch. Je rêve d’un bâtiment comme le construisent Google et Apple, conçu avec des chercheurs du CRP pour stimuler la recherche et aider le secteur.»

Si l’on demande aux politiques de faire preuve de vision, celle-ci est audacieuse, mais pas forcément irréaliste d’un point de vue des technologies tant le Luxembourg ne semble pas être à la traine avec une infrastructure telle que celle de Neobuild qui a d’ailleurs créé l’été dernier une start-up: Imsim.