POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Prise illégale d'intérêts

Le juge des tutelles suspendu



Si le magistrat doit être renvoyé en correctionnelle, il sera jugé comme n'importe quel autre justiciable. (Photo: Paperjam/DR)

Si le magistrat doit être renvoyé en correctionnelle, il sera jugé comme n'importe quel autre justiciable. (Photo: Paperjam/DR)

Affaire exceptionnelle dans la magistrature luxembourgeoise avec la suspension du juge des tutelles et des curatelles, au cœur d’une enquête pour prise illégale d’intérêts.

Le magistrat Sandro Luci, âgé de 45 ans, qui dirigeait jusqu’alors les tutelles, les curatelles ainsi que les sauvegardes de justice, a été suspendu temporairement de ses fonctions. 

Le juge, qui bénéficie de la présomption d’innocence, est au cœur d’une enquête pour prise illégale d’intérêts. L’enquête judiciaire a été ouverte à la suite d’une dénonciation.

Le service Communication et Presse de la Justice a confirmé, dans un communiqué de presse, que des perquisitions ont eu lieu au domicile et sur le lieu de travail d’un magistrat du tribunal d’arrondissement de Luxembourg en date du 20 octobre 2015.

Délogement sportif

Fait exceptionnel: une perquisition était intervenue le 20 octobre dernier au Palais de justice, dans le bureau de Sandro Luci. Le juge a été délogé de son bureau d’une manière plutôt sportive. Son domicile a également été perquisitionné.

Selon les informations de Paperjam.lu, il aurait entretenu des relations préférentielles avec certains avocats auxquels il accordait les tutelles.

Activité assez méconnue, les tutelles et les curatelles assurent de confortables revenus aux avocats, à l’instar de certaines faillites.

Si le dossier devait se traduire par un renvoi du magistrat en correctionnelle, il sera jugé comme n'importe quel justiciable, le privilège de juridiction ayant été aboli il y a trois ans. Sous l'ancien régime, les affaires des magistrats étaient directement traitées devant la Cour d’appel, comme ce fut le cas, il y a quelques années, de l’affaire d’alcoolémie au volant de l’ancien procureur général d’État, Roby Biever. 

Pour l’heure, l’intérim de la justice des tutelles et curatelles est assuré par les juges du tribunal de la jeunesse.

Parallèlement au volet pénal du dossier, une affaire disciplinaire a été entamée et la personne visée a été temporairement suspendue, précise le communiqué du service Communication et Presse de la Justice.